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Déficit: l'avertissement de Bruxelles à la France

Pierre Moscovici a préféré voir le bon côté des prévisions de la Commission européenne.

Pierre Moscovici a préféré voir le bon côté des prévisions de la Commission européenne. - -

Le ministre de l'Economie a réagi aux prévisions de la Commission européenne, ce mardi 25 février. Il a indiqué qu'il va tenter "d'identifier les sources éventuelles d'écart" d'évaluation de déficit avec Bruxelles.

Indéniablement, Pierre Moscovici préfère voir le verre à moitié plein. Réagissant ce mardi 25 février aux prévisions de la Commission européenne, le ministre de l'Economie et des Finances a surtout mis l'accent sur la croissance.

"Ces prévisions sont placées sous le signe de la croissance et de la reprise en zone euro. Elles confirment notre scénario d'amélioration global et graduelle de l'activité", s'est-il félicité.

Sur la croissance, le ministre de l'Economie a affirmé que les projections de Bruxelles "sont en ligne avec notre propre scénario" établi à l'automne dernier. Il a toutefois souligné que le rythme de cette reprise n'est pas suffisant et qu'il "'n'améliore pas autant que nécessaire le quotidien des Français".

Des "écarts sur le déficit"

Pierre Moscovici a ensuite évoqué le point sur lequel les prévisions du gouvernement et de la Commission divergent: le déficit public. Bruxelles table sur des chiffres de 4,2% pour 2013, 4% pour 2014 et 3,9% pour 2015, contre respectivement 4,1%, 3,6% et 2,8% pour l'exécutif français.

Il a martelé que la France se "tient" à sa trajectoire de déficit. Pour 2013, Pierre Moscovici a invoqué la conjoncture, et estimé que la prévision bruxelloise "est proche de notre cible de 4,1%". Pour 2014, "je vais entamer une phase de dialogue pour bien identifier les sources éventuelles d'écart", a-t-il affirmé.

Il a révélé avoir déjà rencontré Olli Rehn,le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, ce week-end. "Nous avons convenu de nous reparler rapidement", notamment pour évoquer les conséquences du chiffre final du déficit pour 2013, qui sera publié en mars par l'Insee.

Interrogé sur une éventuelle négociation d'un nouveau délai, le ministre a déclaré être "attaché attaché à ce que la France garde sa capacité à faire refluer le ratio de dette en 2015, c'est dans cet esprit que j'ai commencé à parler avec Olli Rehn, sans évoquer quoi que ce soit qui ressemble à un délai".

Les prévisions de Bruxelles "se font à politique constante"

Autre argument défendu par Pierre Moscovici pour expliquer les estimations de Bruxelles: les prévisions de l'exécutif européen "se font à politique constante d'ici à 2015'' et "n'intègrent donc pas les économies que nous projeteront dans le prochain plan triennal".

Au passage, Pierre Moscovici a indirectement appeler l'Allemagne à soutenir la reprise. "Des pays doivent mettre une partie de leurs excédents dont ils disposent", a-t-il affirmé, alors que Berlin est sous le coup d'une enquête de Bruxelles qui porte, justement, sur le niveau de ses excédents commerciaux.

J.M.