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La réforme des retraites entre dans le vif du sujet

La réforme des retraites entre lundi en France dans le vif du sujet avec le début des discussions entre le ministre du Travail, Eric Woerth, et les partenaires sociaux. Les syndicats de salariés redoutent l'allongement de la durée de cotisation, voire la

La réforme des retraites entre lundi en France dans le vif du sujet avec le début des discussions entre le ministre du Travail, Eric Woerth, et les partenaires sociaux. Les syndicats de salariés redoutent l'allongement de la durée de cotisation, voire la - -

par Jean-Baptiste Vey PARIS - La réforme des retraites entre lundi en France dans le vif du sujet avec le début des discussions entre le ministre du...

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - La réforme des retraites entre lundi en France dans le vif du sujet avec le début des discussions entre le ministre du Travail, Eric Woerth, et les partenaires sociaux.

Les syndicats de salariés redoutent l'allongement de la durée de cotisation, voire la suppression de la retraite à 60 ans, mais sont favorables à des efforts financiers, dans le sens de l'équité, pour renflouer le système.

Nicolas Sarkozy a fait un geste, jeudi, en faisant savoir qu'il n'excluait pas de financer les pensions par l'impôt mais les organisations syndicales voudraient en savoir plus.

"Le Parti socialiste est prêt, dans cette réforme des retraites, à être un proposant, un acteur, un protagoniste, il est prêt à être consulté" par l'Elysée, a déclaré le député socialiste Pierre Moscovici.

Invité du Grand Rendez-vous Europe 1/Le Parisien, il a précisé que le PS allait réunir le 20 avril un groupe de travail sur le sujet, qu'il restait ferme sur le maintien de l'âge légal de la retraite à 60 ans, mais qu'il acceptait l'idée d'un "choix" du moment du départ.

"Il n'y a pas de fatalité à l'allongement de la durée de cotisation", a-t-il insisté, en appelant le gouvernement à "l'équité."

Le but des rencontres bilatérales de lundi est de fixer les objectifs et la méthode d'une réforme qui vise à juguler le déficit croissant des comptes de retraite.

Cette réforme, dont Nicolas Sarkozy et le gouvernement ont fait leur priorité pour 2010, doit répondre, disent-ils, aux inquiétudes des Français sur la pérennité même du système de retraite, et rassurer les partenaires et les créanciers de la France sur la capacité du pays à réduire ses déficits.

La réforme, dont les contours se dessinent, s'ouvre dans un climat difficile pour le gouvernement, affaibli par la déroute de la droite aux élections régionales et une contestation au sein de la majorité de ses choix en matière de fiscalité.

L'Elysée souhaite annoncer les grandes lignes de la réforme fin mai-début juin et la présenter au Parlement en septembre.

Le changement du ministre chargé du dossier, avec le remplacement de Xavier Darcos par l'ancien ministre du Budget, Eric Woerth, ne bouleverse pas les objectifs du gouvernement.

Celui-ci a écarté un changement structurel de système, auquel il préfère une réforme "paramétrique" qui lui laisse la possibilité de jouer sur trois leviers : la durée effective de cotisation, le niveau des cotisations, et celui des pensions.

L'exécutif refuse de baisser le niveau des retraites et présente comme une conséquence logique de l'allongement de la durée de la vie celui du temps passé à travailler.

HAUSSE DES PRÉLÈVEMENTS ?

Il dispose pour cela de deux grandes options : un nouvel allongement de la durée de cotisation nécessaire pour toucher une retraite complète, qui sera de 41 ans en 2012, et le relèvement de l'âge légal de la retraite, actuellement fixé à 60 ans. Mais les syndicats refusent de soutenir une réforme qui pèserait uniquement sur les travailleurs et pourraient convaincre le gouvernement d'augmenter les prélèvements.

L'Elysée n'exclut pas qu'un "effort" en ce sens soit demandé aux bénéficiaires du 'bouclier fiscal', le dispositif qui plafonne les impôts directs des contribuables à 50% de leurs revenus.

Une piste envisagée est "un prélèvement spécifique pour une catégorie de la population", a-t-on dit jeudi à l'Elysée, en soulignant qu'il ne s'agissait que d'une hypothèse.

Des élus de tous bords plaident depuis longtemps pour une augmentation de la Contribution sociale généralisée (CSG) pour aider à redresser les comptes sociaux, une mesure refusée à plusieurs reprises par le gouvernement.

Pour justifier une éventuelle hausse des prélèvements, qui serait une entorse à la promesse de Nicolas Sarkozy de ne pas augmenter les impôts, l'exécutif a mis en avant la nécessité que la future réforme soit perçue comme "absolument juste".

"Aucune réforme ne sera acceptable pour les Français si ce n'est pas une réforme marquée du sceau de l'équité", avait déclaré Eric Woerth en prenant ses nouvelles fonctions.

Les fonctionnaires, qui seront eux aussi concernés par la réforme, craignent que cette exigence affichée d'"équité", doublée d'une volonté de simplifier les systèmes de retraite, ouvre la voie à une réforme prévoyant d'importantes concessions de leur part.

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2010 prévoit que le déficit du régime général, qui concerne la majorité des salariés du privé, atteindra 10,7 milliards d'euros.

L'an dernier, il s'est établi à 7,0 milliards, selon les chiffres quasi définitifs publiés le 2 avril, soit moins que les 8,2 milliards prévus jusqu'alors.

Eric Woerth recevra successivement lundi les dirigeants de Force ouvrière, du Medef, de la CFDT, de la CGPME, de la CFTC, de la CGT, de l'UPA et de la CFE-CGC.

Il recevra ensuite les représentants des fonctionnaires.

Mercredi, le Conseil d'orientation des retraites présentera ses nouvelles projections d'évolution des comptes de retraites, qui devraient faire état d'une poursuite de la dégradation si rien n'est fait.

Edité par Jean-Stéphane Brosse