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L'OCDE sévère sur la compétitivité française

Le rapport de l'OCDE sur la France pointe ses faiblesses tout en reconnaissant des avancées

Le rapport de l'OCDE sur la France pointe ses faiblesses tout en reconnaissant des avancées - -

Bien qu'elle soit élevée, la productivité française reste insuffisante pour soutenir la croissance en France, souligne l'OCDE dans un rapport publié ce 14 novembre. Pire, la compétitivité se dégraderait en raison de causes structurelles. Le salaire minum est pointé du doigt.

Cela commence bien. "La France a relativement mieux résisté à la crise que nombre de ses partenaires. Sa productivité horaire compte parmi les plus élevées de la zone euro et elle détient une position de leader mondial dans plusiuers secteurs clefs tels que l'aérospatial et les transports".

Et pourtant, le "rapport sur la compétitivité en France" publié ce 14 novembre par l'OCDE se poursuit sur un ton moins flatteur qui ne ravira sans doute pas l'Elysée. " La performance française au cours des dernières décennies a toutefois été très moyenne. Le revenu par habitant y a crû bien moins vite que le pays de l'OCDE les plus riches en terme de PIB par habitant".

Concernant le sujet central du rapport, l'OCDE estime que "la productivité du travail a faiblement augmenté au cours des dernières décennies. Cela tient avant tout à une insuffisance des gains de productivité horaire dont la croissance a été inférieure à la moyenne de l'OCDE".

Ce qui n'empêche pas l'OCDE de reconnaître positifs le récent "Pacte de compétitivité" avec le CICE et l'accord sur l'emploi devenu loi en juin dernier.

Différences de productivité entre secteurs

L'organisation internationale met en particulier l'accent sur les différences de productivité entre secteurs. "Si la croissance de la productivité dans le secteur manufacturier français est la même que celle observée dans les pays de l'UE, et notamment en Allemagne, l'information et la communication, les activités scientifiques et techniques, les services administratifs et de soutien "enregistrent une performance relative supérieure à la moyenne".

En revanche, constate l'OCDE, les gains de productivité des secteurs de l'électricité, du gaz, de l'eau et de la construction ont été "bien plus modestes". Et pour l'organisation internationale, l'Allemagne fait mieux que nous dans le commerce, le transport, l'hébergement ou encore la restauration.

Le Smic en accusation

L'OCDE pointe naturellement les causes de cette compétitivité très relative. Et elles sont connues. En premier lieu, c'est la question du coût élevé du travail, "notamment au niveau du salaire minimum". Selon l'OCDE, la France arrive en 4eme position pour le niveau du coût minimum du travail en 2010 parmi les pays disposant d'un tel salaire. Ce coût y est de 80% plus élevé que la moyenne des pays de l'OCDE.

Elle conclut: "l'amélioration de la compétitivité-coût de la France passe donc tout d'abord par une amélioration de la productivité qui, dans un contexte de modération salariale, pourrait permettre une baisse des coûts salariaux unitaires".

L'OCDE plaide également pour un renforcement de la concurrence, en particulier dans les transports et l'énergie. Elle réclame d'améliorer l'efficacité du secteur public et des administrations, et de réformer la fiscalité pour favoriser l'emploi et l'investissement. Mais fallait-il un énième rapport pour aboutir à ces constats?

P.C