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Le gouvernement prêt à étudier un report de la réforme des retraites

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Si le gouvernement souhaite appliquer le nouveau système de retraite à partir de la génération née en 1963 deux nouvelles pistes sont à l'étude: appliquer le nouveau système aux seuls nouveaux entrants sur le marché du travail ou opérer la bascule non pas à partir de la génération des Français nés en 1963 mais au-delà.

La réforme des retraites entrera-t-elle vraiment en vigueur en 2025? Si le projet prévoit une application du système par points à partir de la génération née en 1963 (celle qui aura 62 ans en 2025 donc), le gouvernement pourrait revoir ses plans. Selon un document transmis aux partenaires sociaux, la mise en œuvre de la réforme pourrait être retardée, "au moins pour certaines catégories socioprofessionnelles très mobilisées".

Dans ce document, le haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye privilégie toujours une entrée en vigueur à partir de la génération 1963 mais ouvre deux nouvelles pistes "soumises à la concertation": repousser la bascule sur une génération postérieure à 1963 soit même aller encore plus loin en appliquant le nouveau système de retraite par point aux seuls nouveaux entrant sur le marché du travail. A l'image d'ailleurs de la réforme de la SNCF dont le nouveau statut ne concerne que les nouveaux employés de la compagnie ferroviaire.

Calmer la colère?

Les avantages d'un tel report serait d'éviter de braquer certaines professions comme celles concernées par les régimes spéciaux. La RATP a appelé à une grève illimitée à partir de 5 décembre prochain. de son côté le syndicat UNSA plaide pour une compensation intégrale des perdants de la réforme pendant une quinzaine d’années. 

Mais ce report ne serait pas sans inconvénient. D'abord parce que ce ne serait plus tout à fait la grande réforme promise. Ensuite parce qu'il y aurait deux systèmes coexistants et ce pour une très longue durée avec des salariés jeunes et des salariés vieux qui dans la même profession n'auraient pas les mêmes droits.

Reste que selon les syndicats, ces possibilités offertes dans ce document ne sont pas vraiment une nouveauté car ces éléments étaient déjà présents dans le rapport remis en juillet par Jean-Paul Delevoye. D'ailleurs la CFDT n'y croit pas. "Cela reviendrait à mettre en place 42 régimes + 1 nouveau, assure-t-on du côté du syndicat. Ce n'est pas une solution proposée par Delevoye c'est tout au plus une alternative qui est évoquée mais qui n'est pas cohérente avec le projet de Macron et donc qui ne sera pas retenue."

Du côté de Matignon on continue néanmoins à dire qu'il n'y a "aucun tabou".

Paul Louis