BFM Business

Le déconfinement booste les dépenses des Français en espèces

Selon Brinks, le volume d'échange des espèces chez les commerçants a atteint 1,1 milliard d'euros la première semaine de juin, soit 3% de plus qu'en 2019 à la même période.

Si les paiements sans contact se sont envolés depuis le début de la pandémie de Covid-19, les Français n’ont pas totalement délaissé le cash. Au contraire, l'utilisation des espèces repart en flèche depuis la réouverture des commerces dits "non essentiels" le 19 mai.

Selon Brinks, leader français de la gestion fiduciaire, les paiements en espèces réalisés chez les commerçants lors de la première semaine de juin ont bondi de 37% par rapport aux trois premières semaines de mai. Surtout, le volume d’échange des pièces et billets en France a retrouvé ses niveaux d’avant pandémie avec 1,1 milliard d’euros collectés entre le 31 mai et le 6 juin, soit 3% de plus qu’à la même période en 2019.

"Nous constatons que le volume d’échange des espèces chez nos clients est revenu à son niveau d’avant les confinements et le couvre-feu imposés par la pandémie. Cela démontre, s’il en était besoin, l’attachement des français à l’usage des espèces", explique Patrick Lagarde, PDG de Brinks France.

Chute des retraits en 2020

Lors du déconfinement de juin 2020, l’utilisation des espèces avait déjà progressé de 34% par rapport aux semaines précédentes. Mais le rebond de cette année est d’autant plus remarqué que les restaurants n’étaient pas encore autorisés à ouvrir leurs salles début juin et que le couvre-feu était en vigueur jusqu’à 21 heures.

Pour Brinks, ces chiffres démontrent avant tout que "la croissance des paiements sans contact" en 2020 "s’est surtout faite au détriment du paiement classique par carte bancaire" et non des espèces. Il n’empêche que la monnaie fiduciaire, suspectée de favoriser la transmission du Covid-19, n’avait pas vraiment bonne presse au début de la crise sanitaire.

Si le risque d’être infecté en touchant des pièces de monnaie ou billets de banque est en réalité "très faible", comme l’indiquait le ministère des Solidarités et de la Santé, la méfiance des consommateurs et la fermeture des commerces "non essentiels" ont participé à l’effondrement de leur utilisation l’an passé avec des retraits aux distributeurs en chute de 23%, selon l’Observatoire du groupement des Cartes Bancaires.

Un paiement par carte sur deux est sans contact

Selon un sondage Ifop pour Brinks réalisé en juin 2020, 11% des Français disaient même s’être vus refuser le paiement en espèce par un commerçant pendant le confinement. Une pratique qui avait hérissé la Fédération des entreprises de sécurité fiduciaire (Fedesfi), laquelle avait saisi la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Dans le même temps, les paiements sans contact ont été portés par la généralisation des gestes barrières, la progression de l’équipement des commerçants et surtout le relèvement du plafond des achats à 50 euros. Ce mode de paiement a ainsi représenté près de 47% des paiements par carte chez les commerçants en 2020, à 4 milliards d’euros, contre 3,3 milliards d’euros un an plus tôt.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco