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Bruno Le Maire: les entreprises ne financeront pas "l'intégralité" des baisses d'impôts pour les ménages

Emmanuel Macron a promis une baisse de l'impôt sur le revenu de 5 milliards d'euros en 2020. Le ministre de l'Économie a affirmé sur BFMTV ce mardi que la suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises ne sera qu'une partie du financement de cette mesure.

Après avoir mis 10 milliards d'euros supplémentaires sur la table fin décembre, Emmanuel Macron a décidé d'en remettre une couche en faveur du pouvoir d'achat. Parmi les mesures post-grand débat, le chef de l'État a annoncé une baisse de l'impôt sur le revenu de 5 milliards d'euros à compter de 2020. Pour la financer, il a évoqué la suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises, ce qui implique mécaniquement des hausses d'impôts pour celles-ci. 

Les entreprises devront-elles supporter à elles seules cet effort de 5 milliards d'euros? "On ne va pas demander aux entreprises de payer l’intégralité, ce serait totalement ubuesque", a précisé Bruno Le Maire sur BFMTV ce mardi. Les 5 milliards d'euros seront financés à la fois par la baisse des niches fiscales des entreprises, des baisses de dépenses publiques -en demandant notamment des efforts aux opérateurs publics- et grâce à des dispositifs censés inciter les Français à travailler plus longtemps. 

Quelles niches seront concernées?

La députée LREM Olivia Grégoire a chiffré la note pour les entreprises à 1,5 milliard d'euros. Le ministre de l'Économie n'a pas confirmé cette information, car il mène une concertation avec les chefs d'entreprise et attend d'arriver au bout du processus avant de faire des annonces. 

"Nous regarderons [les niches] qui sont efficaces, et celles-là nous n'y toucherons pas, et celles qui en revanche sont moins efficaces ou sont contradictoires avec la politique du gouvernement qui est la mise en place d'une croissance durable respectueuse de l'environnement, celles-là effectivement nous regarderons comment les réduire", a-t-il détaillé. 

Selon les informations du Figaro, Bruno Le Maire aurait évoqué la niche sur le gazole non routier avec les professionnels du bâtiment et des travaux publics qu'il a reçu la semaine passée à Bercy.

La politique économique "ne changera pas"

Quoi qu'il en soit, après le report de la baisse de l'impôt sur les sociétés pour les plus grandes entreprises et la création de la taxe Gafa pour financer les "mesures gilets jaunes", c'est la seconde fois que l'exécutif met les entreprises à contribution pour financer les coups de pouce au pouvoir d'achat des ménages. Doit-on y voir un tournant dans la politique économique menée par le gouvernement?

"Non", a répondu Bruno Le Maire. "Notre politique est, depuis le premier jour du quinquennat, une politique d'amélioration de la compétitivité des entreprises et de redressement de nos finances publiques. Et elle ne changera pas puisque le président de la République vient de le rappeler."
Jean-Christophe Catalon