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Eric Woerth: "On doit retourner au travail, on est au bord du gouffre" 

Invité de BFM Business, Éric Woerth, le président de la commission des finances, estime qu'il y a urgence à ce que les salariés reprennent le chemin du travail pour relancer l'économie.

Invité de Good Morning Business ce vendredi, Éric Woerth considère qu'il y a urgence à ce que les salariés reprennent le chemin du travail pour relancer l'économie et que les entreprises doivent, à ce titre, tout faire pour assurer la sécurité de leurs collaborateurs.

"Aujourd'hui, on doit retourner au travail. Dans des conditions de sécurité, cela va de soi, c'est évident. (…) Mais on doit retourner au travail, les chefs d'entreprises doivent préparer leurs entreprises à réaccueillir leurs employés. Les employés doivent se préparer à sortir de chez eux, à se déconfiner réellement pour déconfiner l'économie française. Sinon ce sont des centaines de milliers de chômeurs supplémentaires qui vont être créés sur notre territoire national. 450.000 chômeurs sur le premier trimestre. C'est un chiffre effrayant (…)".

Et de poursuivre: "On est au bord du gouffre. Je ne suis pas catastrophiste de nature mais c'est le cas. Tant qu'on n'a pas encore sauté dans le gouffre, il est temps de se reprendre. Et donc les entreprises doivent absolument ouvrir dans de bonnes conditions pour les salariés. Et les transports aussi doivent être particulièrement pensés, organisés pour permettre à chacune et à chacun de se rendre sur son lieu de travail", précise le président de la commission des finances.

Ne restez plus chez vous

Si Éric Woerth comprend la prudence qui anime aussi bien l'exécutif que les Français, compte tenu des enjeux sanitaires, il estime toutefois que le slogan "restez chez vous" n'a désormais plus lieu d'être.

"Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. On peut ne pas rester chez soi. Et donc on doit retourner au travail, que ce soit en télétravail ou que ce soit en présence physique (…) La France doit retravailler. On imagine bien que l'on ne peut pas distribuer de la richesse, on ne peut pas distribuer du soutien notamment aux plus modestes des Français sans qu'il y ait par ailleurs des créations de postes et évidemment un marché de l'offre et de la demande qui se recréé", conclut l'ex-ministre du Travail de Nicolas Sarkozy. 

Julie Cohen-Heurton