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Les industriels plaident pour des aides à l'achat afin de relancer le marché automobile

Alors que la moitié de l'industrie française est à l'arrêt, c'est surtout le secteur de l'automobile qui inquiète. Philippe Darmayan, président de la fédération de la métallurgie, milite en faveur d'une mesure pour relancer les ventes.

"C'est une crise sans précédent, bien au-delà de 2008-2009". Sur BFM Business, Philippe Darmayan, président de la fédération de la métallurgie (UIMM), tire la sonnette d'alarme. "Nous n'avons jamais vécu cela et nous pouvons effectivement craindre beaucoup si la reprise n'est pas rapide et effective. Actuellement, l'automobile, l'aéronautique, l'acier sont arrêtés à 80%-85%. Donc c'est vraiment du jamais-vu."

"Au global, nous sommes dans une situation où la moitié de l'industrie française est à l'arrêt" résume-t-il. "Ce n'est malheureusement qu'un avant-goût de ce qu'il peut se passer si jamais, effectivement, nous sommes face dans le futur à un certain nombre de faillites qui entraîneront des licenciements. C'est cela qu'il faut éviter. Même avant de penser relance, il faut penser reprise" avertit celui qui préside aussi ArcelorMittal France.

Et c'est bien l'industrie de l'automobile qui inquiète particulièrement, alors que l'usine Renault de Flins vient de rouvrir ses portes. "On est en train de découvrir l'importance du client" souligne Philippe Darmayan. "Nous appelons à ce que la vie reprenne (…) en confiance les uns avec les autres."

Bonus-malus ? Prime à la casse ?

Et pour aider le secteur, une mesure incitative est dans les cartons, comme l'avait déjà évoqué Bruno Le Maire lors de l'émission spéciale sur BFM Business et BFMTV. "Nous demandons effectivement à ce qu'il y ait une mesure de retour à la consommation dans l'industrie automobile après le traumatisme que cette industrie vient de subir" plaide Philippe Darmayan. "Que ce soit un bonus-malus, que ce soit une prime à la casse… tout cela va être discuté mais il est clair qu'il faut avoir une mesure rapide sur la reprise, en parallèle avec l'ouverture des lieux de consommation comme les concessions automobiles, en parallèle avec des mesures pour les entreprises sur le parc automobile".

L'UIMM est-elle déjà en train de discuter avec Bercy ? "Oui" assure Philippe Darmayan.

Thomas Leroy