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Compétitivité: les banques et l'immobilier dans le viseur d'Arnaud Montebourg

Arnaud Montebourg songe également à une taxe carbone qui frapperait les pays importés

Arnaud Montebourg songe également à une taxe carbone qui frapperait les pays importés - -

Le ministre du Redressement productif veut augmenter les taxes payées par le secteur bancaire et l'immobilier pour financer la baisse des charges sociales payées par les entreprises. Il considère ces deux secteurs comme "abrités".

Les banques et l’immobilier sont dans le collimateur d’Arnaud Montebourg. Ce dimanche 7 septembre, le ministre du Redressement productif, a proposé de mettre davantage à contribution ces deux secteurs pour relancer la compétitivité française en baissant les charges des entreprises, plutôt que d’augmenter la CSG et/ou la TVA, car ces solutions menaceraient de "déstabiliser la consommation et d’affaiblir l’économie".

Invité du "Grand Rendez-vous" Europe 1/i-télé/Le Parisien-Aujourd'hui en France, le ministre du Redressement productif a ainsi proposé que le gouvernement aille "chercher les secteurs abrités de l'économie, les secteurs qui font beaucoup d'argent sans finalement trop se fatiguer".

"Par exemple le secteur bancaire, qui gagne beaucoup d'argent, et qui devrait contribuer davantage après avoir d'ailleurs causé beaucoup de tort à l'économie mondiale", a-t-il déclaré. "C'est un secteur abrité, peu concurrentiel, et finalement très profitable qui devrait participer à l'effort national en finançant les baisses de charges, sur le reste de l'économie".

Arnaud Montebourg "pense aussi à l'immobilier". Le ministre a évoqué une troisième piste : la "fiscalité écologique" avec une taxe carbone extérieure affectant les produits importés générant des émissions de CO2.

Le gouvernement privilégierait pourtant la CSG

Selon des informations du journal Le Monde, partiellement confirmées par l'exécutif, le gouvernement envisage d'étaler sur plusieurs années un transfert sur l'impôt d'environ 40 milliards d'euros de cotisations familiales payées par les employeurs.Le quotidien précise que la piste la plus sérieusement étudiée par l'exécutif serait celle d'un basculement de ces charges vers la contribution sociale généralisée (CSG). Les Français s'opposent toutefois, dans leur grande majorité, à cette dernière solution.

Les entreprises réclament une réduction massive des charges sociales patronales pour regagner des marges de manoeuvre dans la compétition mondiale en réduisant le coût du travail, une des composantes, mais pas la seule, de la compétitivité.

L'ex-patron de la SNCF et d'EADS Louis Gallois doit rendre le 5 novembre un rapport sur la compétitivité.

Julien Marion et Reuters