BFM Business

Coronavirus: les retraits d'espèces dégringolent

Les retraits aux DAB ont fortement chuté depuis une semaine

Les retraits aux DAB ont fortement chuté depuis une semaine - PHILIPPE HUGUEN / AFP

La semaine dernière, les retraits d'espèces aux distributeurs ont chuté de 60%, selon Le Parisien qui rapporte les chiffres du Syndicat national de la banque et du crédit.

Dans un contexte marqué par l’épidémie de coronavirus, les consommateurs délaissent le cash. Tout comme les commerçants qui sont de plus en plus nombreux à refuser le paiement en espèces par mesure de précaution. Résultat, les retraits aux distributeurs ont dégringolé de 60% la semaine dernière par rapport à la même période l’an passé, rapportent auprès du Parisien le Syndicat national de la banque et du crédit et le GIE Carte bancaire.

La chute des retraits atteindrait même 76% à Paris, poursuit le quotidien. Dans le même temps, les paiements sans contact progressent de 4%, et jusqu’à 10% en pharmacie. Le convoyeur de fonds Brink’s France enregistre pour sa part une collecte d’espèces auprès des commerçants en recul de 50%.

Un risque faible

Reste que "la probabilité de contagion avec un virus via un billet de banque est très faible par rapport à d’autres surfaces" comme "par exemple les poignées de porte, les mains, les interrupteurs, les paniers de commission", expliquait mi-mars à BFM Eco un porte-parole de la BCE. 

Un risque minime qui n’a pas empêché la Chine de désinfecter ses yuans avec des ultra-violets et des températures très élevées et de détruire ceux qui venaient de zones sur-contaminées. La Corée du Sud a elle-même retiré les billets de banque de la circulation pendant deux semaines pour les nettoyer. Les dollars revenant d’Asie ont également été placés en quarantaine aux Etats-Unis. L’Europe, elle, suit les instructions de la BCE qui a fait savoir "qu’il n'existe aucune preuve que des virus aient été propagés par les billets".

5% de la population sans carte bancaire

Au-delà de la peur d’être contaminé, la chute des paiements en espèces s’explique aussi sans doute par la mise en place du confinement: les Français sortent moins et font des provisions. De quoi alourdir la facture et favoriser le paiement par carte bancaire. 

Certaines s’associations alertent néanmoins sur l’augmentation du nombre de commerçants refusant les espèces, soulignant que la pratique est illégale. D'autant que, "5% de nos concitoyens n’ont pas de carte de paiement, ni de carte de retrait", rappellent au Parisien la Fédération nationale des associations tutélaires (Fnat), l’Union nationale des associations familiales (Unaf) et l’Unapei.

Paul Louis