BFM Business

Coronavirus: faut-il désinfecter les billets de banque?

-

- - DAMIEN MEYER / AFP

Quarantaine, UV, chaleur... Certains pays ont pris des mesures pour désinfecter leur monnaie, mais pas en Europe, où l’on estime que le risque d'une propagation du virus par les billets de banque n’est pas avéré.

Pendant que le covid-19 fait rage, certains pays prennent des mesures pour désinfecter les billets de banque. En Chine, en Corée du Sud ou encore aux États-Unis, les banques centrales mettent en place un plan d’attaque. En France, 5e pays du monde le plus touché par l’épidémie, rien n’est prévu à ce niveau. Mais est-il vraiment nécessaire de se méfier des billets d'euros?

Ces derniers jours, la Chine désinfecte ses yuans avec des ultra-violets et des températures très élevées. Pékin détruit même ceux qui viennent de zones sur-contaminées. Depuis vendredi, la Corée du Sud s’est placée dans son sillage, en retirant tous les billets de banque de la circulation pendant deux semaines, le temps de les nettoyer en profondeur. Et aux États-Unis, les dollars qui reviennent d’Asie sont désormais placés en quarantaine. La Réserve fédérale les stocke pendant 7 à 10 jours avant de les remettre en circulation.

En France, aucune mesure de ce type n’est prévue, explique la Banque de France. Pas plus qu’ailleurs en Europe. Et pour cause, la Banque centrale européenne considère que "jusqu'à présent, il n'existe aucune preuve que le coronavirus ait été propagé par les billets de banque en euros". Elle indique par ailleurs que les banques centrales de 19 pays de la zone euro testent régulièrement les espèces pour voir si elles présentent un danger pour la santé publique. 

"Comme pour la grippe saisonnière normale et comme sur toute autre surface, les gouttelettes respiratoires d'une personne infectée par un virus déposé sur un billet de banque pourraient survivre pendant une période limitée. Mais la probabilité de contagion avec un virus via un billet de banque est très faible par rapport à d'autres surfaces. Par exemple les poignées de porte, les mains, les interrupteurs, les paniers de commission", détaille le porte-parole de la BCE à BFMTV.

Le Louvre interdit les paiements en cash

Une étude publiée en 2014 dans la revue Future ­Microbiology établissait la survivance des coronavirus en général sur les billets de banque. Ses auteurs citaient des simulations en laboratoire qui montraient que ces virus pouvaient y survivre et rester infectieux plusieurs jours. L’étude montrait aussi que les billets en papier, comme les euros, étaient encore moins hygiéniques que ceux en polymère, qu’utilisent par exemple l’Australie et la Nouvelle Zélande.

"Mais cette étude ne démontrait en rien qu’une fois sur les billets, les coronavirus peuvent se transmettre à un humain qui manipulerait ces papiers", souligne le porte-parole de l’Inserm. Donc "il faut prendre ces résultats avec de très grosses pincettes, et ne pas en déduire que les billets transmettent des maladies", rassure-t-il.

Actuellement, un seul endroit en France a décidé l’arrêt des paiements en cash: Le Louvre. Le musée dont les salariés ont fait valoir leur droit de retrait le premier week-end de mars, a réussi à les convaincre de revenir au travail notamment en interdisant les paiements en liquide.

Nina Godart