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Foie gras banni par Charles III: un "procès indécent" ou un "message fort" pour le bien-être animal?

Du foie gras (photo d'illustration).

Du foie gras (photo d'illustration). - OLIVIER LABAN-MATTEI © 2019 AFP

Le nouveau roi britannique a banni le foie gras des tables royales. Une décision qui fait réagir dans le sud-ouest de la France.

Une décision britannique qui hérisse le sud-ouest de la France. Le roi Charles III a banni ce mets français des tables des résidences royales, comme l'a confirmé une lettre de son secrétaire particulier envoyée à l'association Peta. Une nouvelle qui n'est pas vraiment une surprise, mais plutôt une mise à jour du protocole: Charles III avait déjà supprimé le foie gras de son alimentation depuis plusieurs années et ce produit n'était déjà plus servi dans ses résidences princières avant son accession au trône.

Le sujet du foie gras est controversé au Royaume-Uni, car la vente et l'importation de foie gras est autorisée, mais sa production est interdite – la reine Elisabeth, elle, était une consommatrice de foie gras. "Ça envoie un message fort à l'ensemble des Britanniques", qui montre qu'il s'agit d'un mets "qui n'a plus sa place même à la table royale", a réagi ce mercredi matin Marie-Morgane Jeanneau, porte-parole de PETA France, sur le plateau de BFMTV.

Le foie gras n'est pas un produit traditionnel britannique, mais il s'agit aussi "de bien-être animal" car "les Anglo-Saxons sont plus en avance que nous" sur ces sujets, a avancé Marie-Morgane Jeanneau, pour qui "l'image du foie gras outre-Manche n'est pas la même qu'en France".

Gavage des oiseaux

"L'Angleterre est un grand pays gastronomique, comme chacun le sait", a ironisé de son côté le député socialiste des Pyrénées-Atlantiques, Michel Habib. Pour l'élu béarnais, les Britanniques "n'y connaissent rien, ils ne savent pas la beauté de ce mets, et l'amour d'ailleurs des producteurs pour leurs animaux". Évoquant la "souffrance" des producteurs en raison des épisodes successifs de grippe aviaire, Michel Habib a regretté un débat "indécent".

"Ce procès qui est aujourd'hui fait en Angleterre et qui est instrumentalisé par un certain nombre d'organisations écologistes en France" est "indécent", "car c'est la pire période économique pour les producteurs", a assuré le député.

"J'entends la souffrance des éleveurs", "mais j'aimerais qu'on parle du vrai problème du foie gras, c'est-à-dire le gavage", a rétorqué la représentante de l'association de défense animale, demandant que l'on montre les "images" de la production du foie gras et non le produit fini uniquement. "Le foie gras est l'exemple de souffrances inutiles qui sont causées à l'animal. On le gave de force […] pour obtenir un foie malade", a souligné Marie-Morgane Jeanneau.

Sans gavage, "vous n'avez pas de foie gras", a reconnu Michel Habib. "Tous les éleveurs sont prêts à améliorer les questions de production pour atteindre ce bien-être animal […], par contre ils ne veulent pas renoncer à leur production parce qu'ils y sont attachés".

Jérémy Bruno Journaliste BFMTV