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Foie gras: y en aura-t-il pour tout le monde à Noël et Nouvel an?

Conséquence de l'épisode de grippe aviaire à l'hiver et au printemps dernier, la production de foie gras devrait reculer d'environ 30% en 2022.

À Noël, le foie gras risque de manquer sur certaines tables. La grippe aviaire a durement touché les élevages d'oies et de canards à l'hiver et au printemps dernier, nécessitant l'abattage de millions d'oiseaux pour endiguer la propagation de l'épizootie. La situation s'est stabilisée, bien que l'on surveille de près une éventuelle résurgence à l'automne, mais la filière tourne encore au ralenti.

Le redémarrage de la production a été freiné par le passage de la maladie dans les Pays-de-la-Loire, une région où naissent les deux tiers des oiseaux destinés à l'élevage.

La production de foie gras "sera en repli d'environ 30% en 2022", confirme Marie-Pierre Pé, directrice générale du Cifog, l'interprofession du foie gras. "Les élevages sont encore en sous-capacité", précise-t-elle.

"Nous n'arrivons pas à obtenir les volumes nécessaires", corrobore Patricia Houdebert, directrice de la communication de Feyel. L'entreprise alsacienne travaille avec différents fournisseurs de foie pour fabriquer ses produits (en France pour le canard et en Hongrie pour l'oie), lui permettant de rebondir en cas d'assèchement d'une source, mais "toute l'Europe a été touchée cette année", souligne-t-elle. Feyel, qui devrait couper certaines lignes de production pour se concentrer sur les produits les plus demandés, table sur une baisse de 20 à 25% de ses volumes sur la fin d'année.

Plus rare et plus cher

Si le foie gras mi-cuit et celui en conserve, préparés longtemps à l'avance, ne devraient pas s'absenter des supermarchés et des épiceries, ce sont surtout les volumes des productions fraîches qui interrogent. Ces dernières sont fabriquées peu de temps avant les fêtes. "Ce qui est sûr, c'est qu'il vaut mieux anticiper ses achats", conseille Marie-Pierre Pé. "Entre le 15 et le 25 décembre, il sera difficile d'avoir du foie gras", estime-t-elle. Une période cruciale pour la filière, qui réalise la majeure partie de ses ventes sur les dernières semaines de l'année.

Le foie gras sera plus rare, et aussi un peu plus cher. Même si l'on parvient à trouver le produit que l'on souhaite, le montant sera probablement plus élevé sur le ticket de caisse au moment des courses de Noël ou du Nouvel an. Du fait de la rareté de l'offre par rapport à la demande, mais aussi en raison de la flambée des coûts de production pour toute la filière. Comme ailleurs, éleveurs et transformateurs n'y échappent pas; outre l'énergie, c'est notamment la forte augmentation du prix de l'alimentation animale qui pèse sur la facture.

Jérémy Bruno Journaliste BFMTV