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Avec les grèves, la fréquentation du Printemps à Paris a chuté de 25% en décembre

Pierre Pelarrey, directeur général des grands magasins, revient sur les conséquences néfastes des conflits sociaux liés à la réforme des retraites, en particulier sur la clientèle étrangère.

Comme tous les commerçants, le Printemps a vécu une fin d'année difficile avec une fréquentation lourdement pénalisée par les grèves. "Sur le mois de décembre, qui est quand même le plus gros de l'année, c'est du -25% en trafic" à Paris (principalement le Printemps Haussmann), détaille ainsi Pierre Pelarrey, directeur général des grands magasins Printemps, qui était invité ce mardi sur BFM Business dans l'émission "12H, L'heure H". 

"Ce sont surtout les magasins parisiens qui sont touchés. Sur le groupe, l'année 2019 n'a pas été une bonne année puisqu'on est à -5%", ajoute Pierre Pelarrey. Sur deux ans, avec la crise des gilets jaunes, le responsable évalue à entre 12% et 13% la perte d'activité.

Des touristes qui désertent la capitale

Le groupe a particulièrement souffert de la désaffection des clients étrangers, les touristes ayant déserté la capitale ces derniers mois. "Ils ont été au rendez-vous la dernière semaine de décembre mais les dégâts, les pertes que ça occasionne sur la clientèle internationale sont quand même très importants. Parce que les images qui sont projetées de Paris, d'abord les gilets jaunes en 2019 et puis maintenant les grèves sur le mois de décembre, ont fait qu'ils sont beaucoup moins présents sur Paris. Et comme on a un certain nombre de magasins qui sont très dépendants de la clientèle touristique, ça ne contribue pas à améliorer les affaires".

Le groupe Printemps, présent sur les Champs Elysée à travers un magasin Citiadium, évoque notamment une perte de "70% du flux" sur l'artère...

Des soldes qui ne font plus recettes

Et les soldes d'hiver qui débutent ce mercredi (pour 4 semaines au lieu de 6) ne devraient pas changer la donne. "Suite à la poursuite des grèves, et notamment les mouvement sociaux qui s'annoncent jeudi et samedi, on n'attend pas un miracle sur ces soldes", confie le dirigeant.

D'autant plus que ces soldes ne font plus recettes même si elles représentent encore 12% du chiffre d'affaires annuel (pour les soldes d'hiver). "Il faut savoir que depuis un certain nombre d'année, cette tendance est à l'érosion parce qu'il y a une multiplication des opérations commerciales, notamment en décembre. Et il y a aussi le Black Friday et les avant-premières en décembre. Les soldes ne sont plus tout à fait les soldes, c'est vrai".

Cette multiplication des opérations promotionnelles a d'ailleurs des conséquence sur les marges. "L'impact sur le chiffre d'affaires, c'est à peu près la même chose au niveau des marges. Donc on peut dire que c'est de l'ordre de 7 à 8% pour les magasins parisiens", détaille Pierre Pelarrey.

Olivier Chicheportiche