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A quatre semaines de Noël, l'heure de la réouverture pour les commerces dits "non essentiels"

Les commerces vont pouvoir rouvrir leurs portes ce samedi après un mois de fermeture. Avec l'espoir de rattraper au moins en partie les pertes liées au confinement.

Les clients seront-ils au rendez-vous? Partout en France, magasins de jouets, de prêt-à-porter ou de maroquinerie, libraires ou coiffeurs, vont pouvoir rouvrir leurs portes ce samedi, attaquant avec fébrilité la dernière ligne droite jusqu'aux fêtes de fin d'année. Restaurants ou salles de sports doivent rester fermés mais, des grands magasins Printemps aux petites librairies, des disquaires au géant suédois Ikea, c'est l'effervescence pour ceux autorisés à rouvrir dans le cadre de l'allègement du confinement.

"Je sais combien l'attente est grande et combien cela participe à notre quotidien, à la vie de nos centres-villes, de nos centres-bourgs", avait observé Emmanuel Macron mardi. Samedi, le Premier ministre Jean Castex et le ministre de l'Economie Bruno Le Maire se rendront à Reims pour aller à la rencontre de commerçants et d'artisans. De leur côté, les grandes surfaces vont pouvoir déballer les rayons de produits "non essentiels".

Les collectivités sont bien conscientes de l'importance des commerces dans la vie locale, et la métropole de Lyon, via une campagne de communication sur les réseaux sociaux, a par exemple invité les habitants "à ne pas rater ce moment attendu de la réouverture de leurs magasins", explique une porte-parole.

Protocole sanitaire renforcé

Les commerçants devront respecter un nouveau protocole sanitaire renforcé. "Le respect de ces règles par le plus grand nombre empêchera la propagation du virus et permettra ainsi à tous les acteurs de la branche de continuer de travailler", a plaidé vendredi la Fédération nationale de l'habillement (FNH).

Est notamment prévu le durcissement de la jauge d'accueil, passant d'un client pour 4m2 de surface de vente, à un client pour 8m2, excluant toutefois du calcul les salariés des commerces. En outre, la jauge devra être "appréciée avec bon sens", un couple ou un parent avec enfant comptant pour une personne, a expliqué jeudi Alain Griset, le ministre délégué aux PME.

Horaires élargis

En attendant, "nous faciliterons les dérogations pour l'ouverture des commerces le dimanche", a encore annoncé le gouvernement. L'ouverture des commerces est également autorisée jusqu'à 21 heures pour étaler les flux. Et aussi permettre de maximiser les chances de rattraper le chiffre d'affaires perdu lors du mois de fermeture.

"Nous, novembre et décembre, c'est presque 40% de notre chiffre d'affaires annuel, donc c'est une grosse perte", explique Mathilde Jeanneaud, gérante de la boutique de décoration "Mobile de curiosités" à Marseille. "On a déjà eu huit semaines de fermeture cette année, donc là il ne faut pas se louper et on a un mois pour tout rattraper. Ce n'est pas possible, mais on va essayer de faire au mieux."

Selon Sophie Brenot, présidente de la Fédération nationale des détaillants en Maroquinerie et Voyage, "les commerçants seuls en boutique vont ouvrir au maximum, le dimanche toute la journée s'ils le peuvent", mais "quand on a du personnel c'est plus compliqué, il faut embaucher si on veut ouvrir davantage". Il s'agit donc de laisser passer le weekend "pour voir comment les clients réagissent". Seule ombre au tableau: "tout le monde est stressé de voir les offres promotionnelles partout", explique encore Sophie Brenot. "Le Black Friday a été repoussé par le gouvernement" au 4 décembre pour éviter la cohue samedi, mais "il y a des promos partout et on se demande si on doit en faire ou pas".

De son côté, la mairie d'Aurillac a décidé d'offrir à chaque foyer de la ville un bon d'achat de 30 euros "pour soutenir les petits commerces qui ont dû fermer", a indiqué le maire PS Pierre Mathonier.

P.L. avec AFP