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Huiles essentielles, dérogation: comment la ville de Menton veut protéger ses arbres de la sécheresse

Un mélange à base d'argile, d'huiles essentielles et d'eau pour protéger l'arbre et de lui éviter de perdre de l'eau. La mairie espère tout de même, en plus de cette solution, obtenir une dérogation de la préfecture pour pouvoir arroser.

La sécheresse continue de faire des dégâts dans le sud de la France. Dans les Alpes-Maritimes, la ville de Menton fait partie des secteurs placés en "crise sécheresse", un statut qui entraîne de nombreuses restrictions d'eau, notamment l'interdiction d'arroser les plantes et jardins.

Alors que les producteurs du fameux citron de Menton s'inquiètent de perdre leurs fruits et demandent une dérogation pour arroser, la ville, elle, s'inquiète aussi pour son patrimoine botanique.

Une économie d'eau de 40%

Pour protéger ses arbres, la municipalité a fait appel à Karine Panchaud, biologiste depuis plus de vingt ans. À l'aide d'un pistolet à peinture, elle vaporise sur les arbres un mélange à base d'argile, d'huiles essentielles et d'une toute petite quantité d'eau.

Une technique qui permet de créer une sorte de pellicule autour du tronc, qui va empêcher l'arbre de transpirer et donc lui permettre de perdre moins d'eau, en attendant les prochaines pluies.

"On va appliquer aussi de l'oxyde de calcium sur la partie foliaire, pour protéger les feuilles", explique Karine Panchaud au micro de BFM Nice Côte d'Azur. "L'association des deux, c'est une économie d'eau nette de l'ordre de 40%, donc c'est vraiment important à l'échelle d'un arbre."

La mairie espère toujours une dérogation

Avec près de 7.000 variétés différentes de plantes et récompensée de quatre fleurs au label des Villes et Villages Fleuris, la ville de Menton est particulièrement fière de son patrimoine végétal. Mais la sécheresse est un vrai coup dur pour les différents points verts de la ville.

En plus de la solution temporaire apportée par Karine Panchaud, la municipalité espère toujours obtenir une dérogation de la préfecture pour pouvoir arroser arbres et plantes.

"Nous allons les relancer, parce que c'est vital pour nos arbres", déclare Franck Roturier, directeur environnement de la ville de Menton.

En attendant, il assume totalement les moyens dépensés pour protéger les arbres de la ville. "Est-ce que ça ne vaut pas le coup de dépenser cinq à dix euros pour protéger un arbre (...) alors qu'après, si on doit retirer l'arbre, ça coûtera beaucoup plus cher, s'il est mort."

Il y a quelques jours, la mairie rappelait également que protéger les arbres et plantes de Menton est primordial pour maintenir l'activité touristique de la ville, directement liée à ce patrimoine végétal.

Cédric Adam avec Laurène Rocheteau