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Voitures flasheuses: jusqu'à 1000 plaques scannées par heure à Paris

A partir du 1er janvier 2018, des sociétés privées vont être chargées de dresser les PV de stationnement. Les agents sur le terrains seront aidés de véhicules "flasheurs" capables de scanner 1.000 plaques à l'heure. Il sera plus difficile d'échapper au contrôle et au PV dont le montant va largement augmenter.

Ne pas payer son ticket de stationnement va devenir un pari risqué à Paris. A partir du 1er janvier 2018, les règles du stationnement payant changent. En application de la réforme du stationnement, Paris a décidé de confier la verbalisation à des sociétés privées.

Deux entreprises (Egis et Urbis Park) sont mandatées pour dresser les PV, désormais appelés "Forfait post stationnement" (FPS). Les agents sur le terrain vont diminuer (1.200 aujourd'hui contre 260 au 1er janvier et jusqu'à 400 en 2018) mais ils seront aidés d'alliés de poids: des véhicules capables de flasher les plaques des voitures stationnées

Voitures et scooters flasheurs

Ces véhicules, à la fois des voitures et des scooters, vont quadriller la capitale et sont capables de scanner 1.000 plaques à l'heure. Les automobilistes devant désormais renseigner leur plaque d'immatriculation dans l'horodateur au moment de payer leur ticket, cette automatisation permettra de mieux identifier les contrevenants. 

Des scooters font partie de la flotte des véhicules flasheurs.
Des scooters font partie de la flotte des véhicules flasheurs. © BFM Paris

Pour autant, tous les véhicules dont les plaques ont été scannées ne seront pas forcément contrôlés. Les véhicules flasheurs ne font qu'établir un pré-contrôle.

"Ca nous permet de cartographier la ville de Paris pour savoir où se trouvent les véhicules qui sont stationnés et savoir si les usagers payent leur stationnement ou non. Ce qui nous permettra ensuite d'envoyer les agents plus tard dans les endroits qui sont nécessaires pour le contrôle", explique Christophe Laumet, directeur de projet chez Egis. 

Les agents iront ensuite vérifier sur place si le conducteur n'a pas ou n'a pas suffisamment payé son stationnement. L'agent dispose lui aussi d'un outil qui lui permet de scanner la plaque pour savoir si le ticket de stationnement est payé.

La moitié du parc contrôlé chaque jour

Aujourd'hui, la ville de Paris ne dispose d'aucune statistique détaillant le volume de contrôles réalisés par les agents, mais l'objectif fixé avec le nouveau système est de 75.000 contrôles par jour. Rapporté au nombre de places de parkings en surface (141.000), cela revient à contrôler plus de la moitié du parc au quotidien.

Si la mairie soutient que l'objectif fixé n'est pas le nombre d'amendes distribuées mais bien le nombre de contrôles, ce quadrillage du stationnement pourrait bien conduire à une augmentation de PV. D'après la préfecture de police, 5,6 millions de PV pour infraction au stationnement payant ont été dressés en 2016. Un chiffre qui était déjà en augmentation de 17,8% par rapport à 2015. 

Accroissement des contrôles... et du prix de l'amende

La mairie de Paris a aussi souhaité fixer le montant des FPS à un niveau dissuasif pour lutter contre la fraude (90% des automobilistes ne passeraient pas par le parcmètre). Deux zones de verbalisation sont mises en place. Dans les 11 premiers arrondissements, le FPS s'élèvera à 50 euros. Dans les autres arrondissements (du 12e au 20e), son montant sera de 35 euros. 

Les agents assermentés pourront également verbaliser jusqu'à deux fois par jour le même véhicule. Ils sont en effet autorisés à dresser un FPS à chaque tranche de stationnement maximum autorisé dépassé, soit six heures passé sur le même emplacement. Pour 12 heures de stationnement non payé, l'automobiliste pourra donc écoper de deux FPS, soit 100 euros par jour en zone 1 et 70 euros en zone 2.

Carole Blanchard