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Stationnement à Paris: à quoi vont servir les "voitures-flasheuses"?

Paris se prépare à un véritable bouleversement du stationnement. Indigo (ex Vinci Park), qui opère déjà dans des villes comme Madrid ou Londres, pourrait décrocher le contrat de gestion et mettre en place une surveillance beaucoup plus poussée de l'occupation des places.

En 2018 à Paris, fini de jouer au chat et à la souris avec les pervenches! "La ville de Paris souhaite réorganiser le stationnement parisien actuellement bloqué. L'ensemble de la population en souffre, résidents comme commerçants", résume Maxime Autran, directeur de la division Voirie chez Indigo. L'entreprise française a en effet répondu à l'appel d'offres lancé par la Mairie de la capitale française pour la future gestion du stationnement intra-muros.

Des contrôles automatisés en voiture ou à scooter

L'opérateur profite ainsi de son expérience acquise dans ce domaine dans de grandes villes européennes, comme Londres ou Madrid.

"La gestion du contrôle renforcé a permis partout d'améliorer la rotation et le respect de la durée du stationnement, souligne Maxime Autran. Or à Paris, on estime que 30% des déplacements sont liés à la recherche d'une place. Il y a donc un intérêt afin d'améliorer la circulation en ville et de faire baisser la pollution". 

Dans la capitale espagnole, une flotte de scooters et de voitures circulent ainsi actuellement pour épier les mauvais joueurs, commele rapportait il y a quelques jours Le Parisien. Ils sont équipés d'un lecteur automatique de plaques d'immatriculation, ou LAPI, pour mieux verbaliser les propriétaires des véhicules au cas où ils n'auraient pas réglé leur stationnement. Et le rythme est impressionnant avec la possibilité de lire jusqu'à 1500 plaques par heure en voiture et jusqu'à 600 avec la version en scooter. 

Du PV au forfait post-stationnement

Depuis la mise d'un tel mécanisme à Madrid (la gestion a été confiée à un groupement dont fait partie Indigo), les parcmètres seraient utilisés à 85%. En France, deux tiers des automobilistes déclarent ne pas payer le stationnement. Et pour cause: seules 20% des infractions seraient sanctionnées. 

Faut-il alors s'attendre à une véritable chasse aux fraudeurs par une armada de "voitures flasheuses"? "Je n'aime pas trop le terme de voiture-flasheuse, je préfère celui de véhicule d'observation du stationnement", réplique Maxime Autran. En effet, ce contrôle via la plaque d'immatriculation ne déclenche pas une verbalisation instantanée, comme c'est le cas par exemple avec les radars de vitesse, mais signale de la présence de véhicules suspects à un agent situé à proximité. 

Sur cet aspect répression, il faut d'ailleurs rappeler qu'on parle bien de "dépénalisation du stationnement" (un des volets de la loi de modernisation de l'action publique territoriale de 2014). Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il ne s'agit pas d'aboutir à un stationnement gratuit mais à la fin des procès verbaux pour sanctionner ce type d'infractions. Ces derniers seront remplacés par des "forfaits post stationnement" (ou FPS), correspondant au tarif de la durée maximale de stationnement. C'est ce qui arrive à Martin dans la vidéo en bas de l'article.

Un système qui rappelle celui des péages autoroutiers: si vous avez perdu votre ticket, on vous fera payer le tarif appliqué au tronçon le plus long potentiellement emprunté. "A Paris, cela correspondrait à un tarif journalier de 50 euros, minoré à 35 euros si vous payez dans les jours suivants", commente Maxime Autran. 

Vers un stationnement simplifié

La mise en oeuvre de ce système introduit donc un changement important dans le règlement du stationnement: il faudra entrer son numéro de plaque. Cela sera possible directement sur un horodateur "classique" mais également depuis son smartphone, grâce à une application dédiée. Une dématérialisation du ticket de stationnement qui est déjà proposée dans certaines villes de France, avec l'appli Paybyphone en particulier, mais qui pourrait ainsi prendre son envol. 

Autre avantage et pas des moindres: plus de facilité à trouver une place. Grâce à un plus grand respect des règles de stationnement mais aussi grâce à une meilleure connaissance des emplacements libres. Une application comme Polly pourrait ainsi bénéficier des données traitées par Indigo pour une meilleure information au service des automobilistes à la recherche d'une place libre. 

La réponse à l'appel d'offres de la Mairie de Paris est attendue dans les semaines à venir. D'après Maxime Autran, si Indigo remportait ce contrat, l'opérateur devrait mettre en place ce nouveau système à partir du 1er janvier 2018. Entre une dizaine et une vingtaine de véhicules LAPI pourraient alors circuler dans Paris pour assister les agents verbalisateurs.

Julien Bonnet