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Voiture diesel ou électrique, laquelle est la plus avantageuse au quotidien?

Début octobre, une étude de l’UFC-Que Choisir soulignait que posséder une voiture électrique revenait à 6.081 euros par an, contre 7.038 euros pour une voiture diesel.

Début octobre, une étude de l’UFC-Que Choisir soulignait que posséder une voiture électrique revenait à 6.081 euros par an, contre 7.038 euros pour une voiture diesel. - ERIC PIERMONT / AFP

Alors que les prix du gazole suscitent la grogne de nombreux automobilistes, passer à l’électrique peut présenter certains avantages financiers. A condition de bien étudier la manière dont on utilise sa voiture à l’année.

Cette semaine, le gazole a dépassé les 2 euros le litre sur l’île d’Yeu, soit autant que le coût de la recharge d’une voiture électrique, selon le tarif que vantent les constructeurs. Si le prix relevé sur la seule station de la petite île vendéenne va peut-être un peu loin, la voiture électrique peut-elle représenter une alternative financièrement intéressante à la voiture thermique? 

Début octobre, une étude de l’UFC-Que Choisir soulignait que posséder une voiture électrique revenait à 6.081 euros par an, contre 7.038 euros pour une voiture diesel. Sur le papier, cette différence de 1.000 euros peut amener les Français à passer à l’électrique.

Une voiture électrique à la place d'un diesel au quotidien? 

"Les automobilistes ne le font pas encore, car c’est fastidieux, mais il faut d’abord regarder quel usage on fait de son véhicule, de quoi a-t-on besoin, tempère Yves Carra, président de l’Automobile Club Association (ACA). Il faut regarder quel budget on consacre à sa voiture, à ses déplacements, se projeter à 5 ans pour savoir si on va la garder, et évaluer aussi comment de pas perdre en confort".

La voiture électrique est souvent estampillée comme une solution urbaine, pour lutter contre la pollution. Mais elle apparaît aussi souvent adaptée à une résidence périurbaine ou en campagne.

"En deuxième voiture, pour parcourir 50 à 100 kilomètres par jour, c’est parfait, ajoute Jean Pagézy, courtier en automobile. Pour des trajets supérieurs à 300 kilomètres en revanche, ce n’est clairement pas possible. Une voiture électrique récupère de l’énergie au freinage, pour assurer son autonomie. Cela fonctionne donc bien en ville, ou sur des trajets où l’on décélère régulièrement, clairement pas sur de longs trajets sur autoroute. Ce qui demande de trouver une autre solution pour les vacances par exemple".

A l’achat: l’électrique est plus avantageuse grâce aux primes

A l’achat, sur le papier, une voiture électrique coûte beaucoup plus chère qu’une voiture diesel. Prix catalogue, une Renault Zoé s'affiche ainsi à 34.100 euros, soit autant que le pick-up Alaskan, beaucoup plus grand, à 36.860 euros. Une Clio diesel ne se vend elle qu’à partir de 17.700 euros. "Au total, le véhicule électrique n’est moins cher que grâce au bonus", explique Yves Carra.

Bonus écologique, prime à la conversion, aides régionales, acheter une voiture électrique neuve, voire d’occasion peut cependant s’avérer très intéressant. Moins chère qu'un diesel. Une Renault Zoé d'occasion, avec seulement un peu plus de 10.000 kilomètres, peut ainsi se négocier 5.500 euros, aides déduites.

"Dans le véhicule d’occasion, le poste de dépense numéro 1 reste la décote, c’est-à-dire la différence entre l’argent mis pour l’achat et son prix à la revente, poursuit Jean Pagézy. Or, les changements technologiques sont si rapides qu’on ne sait pas à combien elle sera revendue dans 3 ans".

Cette décote importante tient cependant à un facteur important: la batterie, qui représente 40% du coût d'achat de la voiture. Les constructeurs ont aujourd'hui des difficultés à évaluer son vieillissement. Si elles sont souvent rechargées sur des bornes de recharge rapide, elles risquent de perdre en capacité de recharge. Acheter une voiture peu onéreuse, mais dont il faut remplacer la batterie ensuite, ne semble pas une opération financière intéressante. 

Au coût d’achat de la voiture, il faut aussi ajouter le coût d’achat et d’installation de la borne de recharge, soit environ 1.000 euros, que la voiture soit neuve ou d'occasion. Un crédit d’impôt à la transition énergétique (CITE) permet de déduire 30% du prix hors main d’œuvre de l’installation de la borne de recharge. 
Si l'offre de voitures électriques sera plus importante dès l'an prochain en concession, posséder une voiture électrique d'occasion se montre très intéressant.
Si l'offre de voitures électriques sera plus importante dès l'an prochain en concession, posséder une voiture électrique d'occasion se montre très intéressant. © AFP

La recharge très avantageuse à la maison, sinon attention aux surprises

En 2017, 32% des dépenses des automobilistes étaient consacrés au carburant. La hausse du prix à la pompe ne devrait pas arranger la situation. Selon l’UFC-Que Choisir, l’an dernier pour 15.000 kilomètres parcourus, le budget électricité sur un an représentait 181 euros contre 1181 euros pour les pleins de gazole sur la même distance.

"Si on se recharge chez soi, on peut en avoir pour quelques euros par recharge, selon le type de contrat d’électricité, explique Jean Pagézy. En revanche, si on recharge par exemple à Paris, dans la rue, plus vous restez, plus le prix grimpe en flèche, à plusieurs dizaines d’euros la charge". Soit autant qu’un plein.

L’idée est donc d’optimiser son point de charge, si possible chez soi, ou au travail. Certains commerçants proposent aussi des recharges gratuites pour leurs clients.

"En campagne ou en zone périurbaine, si vous ne possédez pas de voiture c’est très compliqué de se déplacer autrement. La solution pour réduire son budget transports reste la voiture électrique, pour les trajets quotidiens en rechargeant chez soi le soir, résume Marc Charlet, président de Moveo, un incubateur de start-up sur la mobilité. Il ne faut pas se tromper, ce n’est pas dans 6 mois ou dans un an que seront développées des solutions de mobilité différentes".

Les coûts d’entretien avantagent l’électrique

La voiture électrique coûte beaucoup moins cher à entretenir, car il y a beaucoup moins de passages au garage nécessaires. Finies en effet les vidanges, les soucis sur des éléments très techniques comme des injecteurs, onéreux à changer sur un diesel, le moteur électrique est aussi beaucoup plus simple de conception.

Le seul point compliqué reste toujours la batterie, mais elle est souvent sous garantie pendant plus de 5 ans, voire elle reste la propriété du constructeur comme chez Renault. Il faut alors prendre en compte dans le budget le coût d’un loyer mensuel (environ 80 euros, soit l’équivalent d’un plein).

"Dernier constat, l’intérêt économique d’un véhicule électrique est bien plus important en zone rurale (la différence de coût de détention est de -5 % par rapport au diesel) qu’en zone urbaine qui est quasi nul (- 0,2 % par rapport au diesel)", résumait l’UFC-Que-Choisir. Dans une approche économique globale, et environnementale, l'Ademe recommande elle un usage du véhicule électrique sur des trajets courts.

"On est dans un paradoxe, avec un véhicule électrique qui doit se substituer au véhicule thermique sur des usages intensifs mais pas sur des grandes distances parce qu'on doit maîtriser la taille de la batterie. Il faut donc des recharges quotidiennes et des usages du type trajet domicile-travail, par exemple", expliquait début octobre sur France Info, Maxime Pasquier, chef adjoint au service transports et mobilité de l'Agence de l'environnement. 

Pauline Ducamp