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Avec ces nouvelles aides, une voiture électrique coûte moins cher qu'un diesel

Depuis le 1er octobre, la Métropole du Grand Paris propose de rembourser jusqu’à 5.000 euros pour l’achat d’une voiture dite "propre". Une politique également pratiquée par le département des Bouches-du-Rhône.

Alors que le gouvernement discute actuellement avec les constructeurs pour gonfler la prime à la conversion, les collectivités locales mettent en place leurs propres dispositifs. La métropole du Grand Paris (7 millions d’habitants) et le département des Bouches-du-Rhône (2 millions d’habitants) lancent ainsi cet automne une aide à l’achat de véhicules dits "propres" (électriques pour les deux collectivités, hybrides rechargeables ou fonctionnant à l’hydrogène ou au gaz GNV dans le Grand Paris). Et ces aides locales se montrent très généreuses.

Jusqu’à 5.000 euros pour une voiture électrique

Ainsi, les résidents du Grand Paris peuvent bénéficier d’une prime comprise entre 3.000 euros (pour les ménages payant plus de 14% d’impôt sur le revenu) et 5.000 euros, cette dernière étant réservée aux ménages non imposables. Le bénéficiaire de ce dispositif "Métropole roule propre" doit envoyer à la casse une voiture diesel immatriculée avant le 1er janvier 2006 (plus de 12 ans), ou une voiture essence immatriculée avant le 1er janvier 1997 (plus de 21 ans).

Il peut ensuite utiliser la prime pour acquérir sa voiture neuve ou d’occasion, ou même opter pour une formule de location longue durée. A condition donc qu’elle soit électrifiée ou au gaz. Et que son prix d'origine ne dépasse pas 50.000 euros. Pas question donc de s’offrir une Tesla.

Un dispositif similaire est mis en place dans le département des Bouches-du-Rhône, avec une prime de 5.000 euros pour l’achat uniquement d’un véhicule électrique neuf, mais sans aucune condition de revenu. Ces aides sont surtout cumulables avec le bonus écologique de 6.000 euros sur les voitures électriques, comme avec la prime à la conversion. Cette dernière se monte à 2.500 euros sans condition de revenus.

Des voitures électriques à prix cassés…

Ce qui devient particulièrement intéressant. puisque toutes aides confondues, un ménage non-imposable bénéficie d'une réduction de 13.500 euros sur l'achat d'une voiture neuve. Par exemple, pour l’achat d’un petit SUV électrique à Marseille, un Hyundai Kona neuf passe de 38.400 euros (dans sa version de base de 136 chevaux) à 24.900 euros. Soit l’équivalent du prix d’un Peugeot 2008 diesel neuf, avec une finition élevée (25.000 euros).

Mais le dispositif devient encore plus intéressant avec une voiture d’occasion. Par exemple une Nissan Leaf, la deuxième plus vendue en France en septembre. Une petite annonce en Seine-Saint-Denis propose ainsi une Leaf de 2016 à 16.700 euros, pour 10.200 kilomètres. Une fois la prime à la conversion déduite (-2.000 euros pour les véhicules électriques d'occasion), la prime se monte à 3.675 euros, soit 25% du prix de cette Leaf. Elle revient donc à 11.025 euros. Pour une Renault Clio diesel de 110 chevaux de 2016, avec une finition moyenne, il faudra dépenser 14.057 euros (côte Argus), soit 3.000 euros de plus.

Sur une Renault Zoé, dont la décote est très rapide notamment en raison du contrat de location de la batterie qui va de pair avec l'utilisation du véhicule, c’est encore plus intéressant. Sur une Zoé annoncée en occasion à 9.400 euros, une fois les 2.000 euros de prime à la conversion déduits, la prime peut être appliquée à raison d’une limite de 25% du prix de la voiture, soit 1.850 euros. Le tarif de cette Zoé passe à 5.550 euros.

… Dans la limite des stocks disponibles

Dans les Bouches-du-Rhône, l’aide sera accessible à partir du 1er novembre. Mais il n’y en aura pas pour tout le monde. Dans les 131 communes du Grand Paris, la prime sous cette forme est accessible depuis le 1er octobre. Elle avait en effet été lancée en 2016, par le Conseil Métropolitain, "afin d’aider jusqu’à 5.000 euros les particuliers à remplacer leur véhicule thermique ancien par un véhicule dit ‘propre’", nous précise la directrice de communication du Grand Paris. L'offre s'applique d'ailleurs aussi aux deux-roues.

Ce dispositif concerne ainsi 1000 bénéficiaires jusqu’en 2020. 23% des dossiers ont déjà été attribués, soit 360.365,25 euros d’aide attribués à 78 habitants de la Métropole. "Notre budget étant limité, nous avons préféré une subvention conséquente jusqu’à 5.000 euros plutôt qu’un saupoudrage. En cas de succès, nous étudierons la possibilité d’étendre le dispositif et à mettre en place d’autres opérations fortes pour lutter contre la pollution", a précisé Patrick Olllier, président de la Métropole du Grand Paris, comme le rappelle le site spécialisé Automobile Propre.

"Il faut impérativement faire baisser la facture pour les particuliers. Cette problématique est à prendre à bras le corps", explique la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône Martine Vassal.

Les deux collectivités plafonnent le nombre de primes à un millier. Dans les Bouches-du-Rhône, la prime sera reconduite l’an prochain, pour le même nombre de bénéficiaires. Le tout pendant cinq ans.

Pauline Ducamp