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Essai - Hyundai Kona electric, conversion réussie d'un SUV branché

Le Kona se décline désormais en version 100% électrique

Le Kona se décline désormais en version 100% électrique - JB

Comme promis, le SUV compact de Hyundai sorti l'an dernier se convertit à l'électrique avec une version prometteuse dans un marché en plein boom. Plus confortable et dynamique que son cousin thermique, ce Kona electric répond complètement aux attentes dans la version équipée d'une batterie 64 kWh (482 km d'autonomie) que nous avons pu tester.

Avec des livraisons qui viennent de démarrer, le Hyundai Kona electric fait figure de grande nouveauté de cette fin d'année chez la marque coréenne. Un timing idéal, vue la prise de conscience environnementale qui devrait inciter de plus en plus de Français à passer au zéro émission. 2019 pourrait (enfin) être l'année du vrai décollage de l'électrique. Si les ventes progressent ces dernières années, en France et dans le monde, le marché automobile reste en effet jusqu'ici très largement fidèle au bon vieux moteur thermique. 

Craintes concernant l'autonomie, difficulté à se recharger, prix trop élevés sur des modèles où les clients doivent faire preuve d'une très grande patience concernant la livraison... les freins à une progression plus importante des ventes sont bien identifiés. C'est un peu le problème de la poule et de l'œuf, entre une demande qui attend l'offre... et inversement. Charge à l'éleveur de volailles, en l'occurrence l'Etat, d'inciter plus ou moins fortement les uns et les autres à se lancer. C'est d'ailleurs le bonus écologique et les autres formes d'incitation qui permettent aujourd'hui à l'électrique d'être plus économique sur le papier que le thermique.

Derrière sa calandre fermée, le moteur électrique de ce Kona zéro émission.
Derrière sa calandre fermée, le moteur électrique de ce Kona zéro émission. © JB

Mais pourquoi le Hyundai Kona electric?

Sentant le vent tourner comme la plupart des constructeurs, Hyundai avait eu la bonne idée de concevoir dès le début son Kona pour accueillir plusieurs motorisations, électrifiées ou non. Le SUV compact, sorti l'an dernier en motorisations thermiques, essence et diesel, nous revient cette année en version tout électrique.

A l'extérieur, un détail permet en un coup d'oeil de le distinguer de la version thermique. Oubliez la calandre ouverte pour refroidir le moteur, ce Kona electric adopte une bouche bien fermée pour améliorer son aérodynamisme avec une petite trappe pour venir se brancher. Hormis un petit badge "electric" qui vient s'ajouter à l'arrière, et des jantes "aéro" spécifiques, le SUV conserve ses caractéristiques. Il offre toujours les nombreux renforts de carrosserie en plastique qui lui donnent son côté baroudeur. Mais la plus grande différence se fait bien sûr à l'ouïe. Comme toutes les électriques, le Kona roule en silence. Ce calme absolu est simplement comblé par un bruit artificiel de vaisseau spatial, qui permet aux passants et autres usagers de la route d'anticiper son arrivée. 

L'intérieur de cette version électrique profite d'un aménagement spécifique du poste de conduite
L'intérieur de cette version électrique profite d'un aménagement spécifique du poste de conduite © JB

Au volant

C'est en montant à bord de ce Kona electric qu'on découvre l'autre grande différence avec la version thermique. Le poste de conduite adopte une configuration inédite, qui va des compteurs-écrans avec affichage des informations liées à l'utilisation de la batterie à la console centrale qui intègre les boutons spécifiques. Il n'y a plus de levier de vitesse, mais de simples boutons "D" pour "Drive", "P" pour "Parking","N" pour "Neutre" et "R" pour "Reverse". L'absence de transmission permet ainsi de disposer de deux porte-gobelets et d'un grand espace supplémentaire juste en-dessous. L'ensemble se montre plus épuré et nous place déjà dans une optique de conduite zen.

Cette volonté se retrouve au démarrage où, en comparaison avec la version thermique, le conducteur est tout de suite saisi par l'absence de bruits et de vibrations. Or, ce calme apparent de l'électrique contraste avec son dynamisme, qui se fait sentir, même en mode éco, dès les premiers appuis sur la pédale de droite. Notre Kona d'essai était équipé de la batterie à la plus grande capacité (64 kWh). Sur cette version, Hyundai annonce une puissance sympathique de 204 chevaux (contre 136 chevaux pour la batterie 39 kWh) et 395 Nm de couple. Le mode sport tire encore un peu plus partie de cette puissance. Mais avec une transmission uniquement aux roues avant et ce format de SUV compact, le conducteur est plutôt invité à une conduite cool que réellement sportive.

Le 0 à 100 km/h bouclé en 8 secondes devrait satisfaire les fans des démarrages "en pole" au feu vert. C'est un point important pour un SUV qui se veut à l'aise en ville avec, en outre, un bon rayon de braquage. Si c'est un SUV, son format reste raisonnable (4,1 mètres, proche d'un Peugeot 2008 ou d'un Renault Captur). Sur autoroute, le moteur offre également une bonne reprise au-delà des 100 km/h, de quoi envisager sereinement des déplacements longue distance. La batterie, logée dans le plancher du véhicule, améliore enfin le comportement, avec un centre de gravité plus bas que sur la version thermique. Le coffre perd 20 litres dans l'opération, mais reste assez volumineux avec 332 litres. Il est également possible de charger jusqu'à 80 kg sur le toit, pratique pour emporter ses vélos en vacances. 

Pour renforcer le confort de conduite, le Kona electric dispose de l'affichage tête haute de série. Dans la finition Executive (uniquement proposée sur la version 64 kWh), les aides à la conduite offrent un niveau poussé d'assistance: en cumulant régulateur de vitesse adaptatif et suivi des lignes de la route, on se retrouve à bord d'une voiture semi-autonome très à l'aise dans cet exercice.

Champs d'action, borne la plus proche, émissions de CO2 d'un modèle thermique équivalent... ce Kona electric propose de nombreuses informations.
Champs d'action, borne la plus proche, émissions de CO2 d'un modèle thermique équivalent... ce Kona electric propose de nombreuses informations. © JB

"LE" truc en plus: électrique longue portée

Notre version d'essai avec la batterie 64 kWh offre la capacité la plus importante proposée par Hyundai sur ce modèle. L'autonomie annonce en conséquence 482 kilomètres selon la nouvelle norme WLTP (qui reflète davantage la réalité que l'ancienne norme NEDC). Hyundai a choisi de matérialiser ce que représentait concrètement cette autonomie importante sur l'écran du SUV. Avec un cercle représentant le champs d'action du Kona, le conducteur découvre qu'il pourrait voyager jusque Nantes, depuis Paris. Et le tout avec un unique arrêt, pour que le conducteur reprenne de l'énergie... mais pas la batterie!

Au-delà d'une "grosse batterie", Hyundai semble avoir particulièrement travaillé sur l'efficience du moteur. Lors de la première partie de l'essai, 120 kilomètres principalement en mode éco, mais avec un parcours mixte ville-autoroute et même un peu de circuit pour un défi conjuguant vitesse et autonomie, la consommation est ressortie à 14,3 kWh aux 100 kilomètres, soit l'équivalent d'un peu moins de 1,5 litre aux 100 kilomètres (et exactement l'efficience annoncée par Hyundai).

La recette de cette très bonne efficience est classique (pour de l'électrique), mais particulièrement efficace sur ce Kona. La récupération d'énergie lors d'un ralentissement est très bien exploitée avec une palette située à gauche du volant qui permet de jouer sur la force de cette recharge en roulant. En ville, le niveau de récupération maximum permet de ne plus avoir à se servir de la pédale de frein à la manière de la e-pédale de la Nissan Leaf. Et sur des routes plus rapides, un niveau plus faible permet de ne pas trop ralentir l'élan du SUV et d'optimiser la conduite. En résumé: c'est ludique (avec l'affichage de l'autonomie récupérée en kilomètres en temps réel à l'écran), efficace (vu notre consommation constatée) et donc très bien réalisé. 

Si nous n'avons pas pu tester la recharge, Hyundai annonce 75 minutes sur une borne rapide de 50 kW (pour charger de 0 à 80%). A domicile avec un chargeur dédié fournissant 7 kW, il faut compter 9 heures et 35 minutes pour une charge complète, de 0 à 100%. Sur une prise classique, le temps de charge dépasse les 30 heures mais cela reste une solution ponctuelle, ou pour charger seulement une partie de la batterie.

Les jantes "aéro" exclusives à ce Kona électrique permettent aussi de limiter la déperdition d'énergie.
Les jantes "aéro" exclusives à ce Kona électrique permettent aussi de limiter la déperdition d'énergie. © JB

"LE" chiffre: à partir de 32.400 euros, bonus déduit

Côté tarifs, l'électrique reste cher, même si Hyundai fait passer la pilule avec une dotation assez riche en équipement sur cette version. La version équipée d'une batterie 39 kWh démarre ainsi à 38.400 euros en France, mais il faut retrancher 6.000 euros de bonus écologique minimum, et éventuellement une prime à la conversion si son acheteur se sépare au passage d'un véhicule ancien. Avec ce prix ramené à 32.400 euros, on reste tout de même 6.500 euros plus cher que le prix de base de notre Kona essence testé l'an dernier

Sur la version 64 kWh de l'essai, qui représente 9 commandes sur 10 d'après Hyundai, le tarif démarre à 42.400 euros et grimpe à 44.900 euros dans notre finition Executive. Bonus déduit, on arrive à une note finale de 38.900 euros, soit 13.000 euros de plus que l'essence 120 chevaux... Mais la comparaison perd de sa pertinence tant la version électrique ajoute confort, puissance et modernité.

Le vrai facteur clé se fera sans doute sur la disponibilité: si vous commandez un Kona electric actuellement, Hyundai annonce une livraison pour l'été 2019. Pour un Kona thermique (au premier plan de la photo ci-dessous), le délai varie selon les versions (essence ou diesel, 2 ou 4 roues motrices) mais reste plus raisonnable avec 2 à 6 mois. Pour sa prometteuse version électrique, reste à savoir si la filiale française pourra négocier un quota de véhicules plus important que les 2.000 exemplaires prévus par an pour satisfaire la demande.

Au premier plan, le Kona thermique, suivi des versions électriques. Le Kona est l'un des premiers SUV électriques grand public.
Au premier plan, le Kona thermique, suivi des versions électriques. Le Kona est l'un des premiers SUV électriques grand public. © JB
Notre modèle d'essai: Hyundai Kona electric 64 kWh Executive 204 ch à 44.900 euros.
Julien Bonnet