BFM Business

Essai - Dacia Sandero, les impressionnants progrès de la voiture préférée des Français

Plus belle, plus techno mais toujours aussi peu chère: ce sont les promesses de la nouvelle Dacia Sandero. Une équation impossible? Réponse dans cet essai.

En un peu plus de quinze ans d'existance, Dacia est un succès incontestable, avec sept millions de véhicules écoulés. Symbole de cette réussite, la Sandero: c'est tout simplement la voiture la plus vendue aux particuliers en Europe et plus spécifiquement en France.

Avec son cahier des charges minimaliste en termes de prestations offertes et ses prix cassés, le label low-cost du groupe Renault a donc su trouver son public à la recherche de solutions de mobilité abordables. Entre ceux qui ne pourraient tout simplement pas acheter d'autres modèles neufs et ceux qui veulent juste réduire leur budget d'achat.

Nouveaux phares, nouvelle calandre, nouvelles poignées... à l'extérieur, la Dacia Sandero change profondément.
Nouveaux phares, nouvelle calandre, nouvelles poignées... à l'extérieur, la Dacia Sandero change profondément. © TG

A une époque marquée par de profonds changements dans l'automobile et l'épisode de la crise du covid-19 encore en cours, la nouvelle Sandero pourrait conforter sa position de leader du marché des particuliers. Surtout que cette troisième génération affiche de nets progrès, sans pour autant faire exploser ses tarifs.

Le bon point: du low-cost de haut niveau

Au-delà de son bond en avant en termes de design ("tout est nouveau sauf le logo!"), on attendait avec impatience de savoir ce que donnerait cette nouvelle Sandero à l'usage. Et le résultat est à la hauteur des attentes.

Cette troisème génération repose en effet sur la même base technique que la Clio actuelle, cinquième du nom. Résultat, une copie globable bien plus satisfaisante que sur la précédente Sandero assemblée sur une plate-forme de Clio 2, lancée en 1998.

A l'intérieur, un écran tactile 8 pouces est désormais disponible en option.
A l'intérieur, un écran tactile 8 pouces est désormais disponible en option. © TG

La Sandero fait en quelques sortes son entrée dans le XXIe siècle, notamment en termes d'équipements proposés. Côté sécurité, elle récupère le freinage automatique d'urgence, une première chez Dacia. De quoi permettre aussi de proposer un radar avant en complément de la caméra de recul, pratique lors des manoeuvres.

L'écran tactile 8 pouces en option offre un bon niveau de réactivité et la connectivité avec Android Auto et Apple Carplay. Sur les versions de bases, Dacia a la bonne idée de proposer un "simple" support pour smartphone. Mais positionné intelligemment sous le pare-brise afin de ne pas (trop) quitter les yeux de la route et associé à une application mobile dédiée permettant de récupérer des données de consommation, il offrirait même une solution idéale pour de nombreux automobilistes. Un véritable système embarqué nomade, suivant l'évolution des smartphones des conducteurs, et une réponse à l'obsolescence naturelle des écrans de bord.

Dans les versions d'entrée de gamme, un astucieux support pour smartphone avec son application dédiée.
Dans les versions d'entrée de gamme, un astucieux support pour smartphone avec son application dédiée. © TG

Notre modèle d'essai était équipé du moteur essence Tce90 associé à une boite manuelle 6 vitesses. Cet ensemble nous a semblé plutôt efficace en termes de rapport performances/consommation, avec suffisamment de reprise pour être à l'aise sur voie rapide. Ce moteur turbo essence fait le job mais n'apporte pas non plus ce qu'on pourrait qualifier de "plaisir de conduite". On reste chez Dacia et il faut bien accepter de revoir ses attentes à la baisse de ce point de vue là.

Le point noir: un compromis, quand même

En termes de sensations de conduite, il y a en effet un monde d'écart avec la dernière Renault Clio. Et heureusement d'un côté, puisqu'il y a aussi une sacrée différence de tarif avec sa cousine du groupe français (voir plus bas "à quel prix").

Malgré un niveau de confort de conduite global correct, une agréable surprise, cette nouvelle Sandero se révèle un cran en-dessous des standards actuels. Cela se ressent notamment avec des vibrations et une insonorisation imparfaite. Un compromis logique à ce niveau de prix mais un compromis quand même, à avoir en tête.

Deux alternatives s'offriraient ainsi aux potentiels acheteurs: rester sur du neuf et miser sur un budget un peu plus important pour profiter d'équipements plus modernes. Le régulateur de vitesse, déjà proposé sur la précédente génération, n'est toujours pas adaptatif (capable d'adapter sa vitesse automatiquement en fonction du trafic), contrairement à ce que propose la Clio (mais sur les versions haut de gamme, à partir de 26.000 euros). Sans atteindre un autre monde en termes de tarifs, c'est sans doute alors l'occasion récente qui s'imposera comme l'autre grande concurrente de cette Sandero.

A quel prix? Une version de base sous les 9000 euros

C'est bien sûr au niveau de ses tarifs que cette nouvelle Sandero veut continuer à briller. Un contrat rempli avec un version de base à 8690 euros. Pour notre modèle d'essai, en finition Confort qui ajoute de nombreux équipements, la facture reste raisonnable, à 12.690 euros. C'est environ 6000 euros de moins que la Clio avec le même moteur Tce90 et un niveau d'équipements comparable.

Julien Bonnet, avec Théo Gabilloux