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Limitation à 80 km/h: la polémique continue

La mesure doit s'appliquer à partir du 1er juillet.

La mesure doit s'appliquer à partir du 1er juillet. - Sébastien Bozon - AFP

Alors que le gouvernement exclut tout retour en arrière sur la décision d'imposer la baisse de la limite de la vitesse de 90 à 80 km/h, les opposants à la mesure continuent de se mobiliser. Et les derniers éléments fournis par le préfet de l'Yonne pour justifier la mesure ne sont toujours pas très convaincants.

Si le gouvernement paraît bien décidé à imposer le passage à 80 km/h au lieu de 90 sur une partie du réseau secondaire, les opposants ne décolèrent pas. 

Un bilan flatteur mais incomplet de l'expérimentation

Et ce ne sont pas les éléments fournis cette semaine par le préfet de l'Yonne, Patrice Latron, qui devraient faire retomber la contestation. Le haut fonctionnaire est notamment revenu sur le bilan de l'expérimentation réalisée dans son département, sur la N151 entre Auxerre et Clamecy. Il s'agit de l'une des 3 zones tests ayant servi pour l'étude, fortement décriée par l'association 40 millions d'automobilistes, sur laquelle s'appuie le gouvernement pour justifier cette mesure.

"Avec la Sécurité Routière, nous avons comparé deux périodes de 32 mois, avec et sans la limitation à 80 km/h: entre le 1er novembre 2012 et le 30 juin 2015 (à 90 km/h), et entre le 1er juillet 2015 et le 28 février 2018." , a-t-il expliqué, dans des propos repris par France Bleu.

Sur la première période avec une limitation maintenue à 90 km/h, 13 accidents corporels, 22 blessés et 6 décès ont été recensés, contre 6 accidents corporels, 11 blessés et 1 décès avec la vitesse limitée à 80 km/h. "Des chiffres qui semblent donc éloquents, même si le préfet reconnaît ne pas savoir les causes exactes de ces accidents, et donc s'ils étaient bien liés à la vitesse, ou à d'autres facteurs, comme l'alcool par exemple", commente France Bleu

Le préfet a ajouté qu'une étude était en cours pour déterminer les routes du département qui seront concernées, les départementales à terre-plein central étant exclues du dispositif. La mesure s'appliquera bien au 1er juillet comme dans le reste de la France, sans période de tolérance... mais sans augmentation des contrôles routiers non plus, a-t-il précisé.

Un député rappelé à l'ordre sur les réseaux sociaux

Dans un tout autre contexte, une anecdote reflète bien la tension qui règne autour de cette mesure. Un député qui répondait à une interview de TF1 au volant de sa voiture, mais sur un tout autre sujet (le projet de réduction du nombre de parlementaires), s'est fait prendre en flagrant-délit d'excès de vitesse. Circulant sur une portion limitée à 90, le compteur affichait plus de 120 km/h, comme l'ont noté plusieurs internautes sur Twitter.

Comme le rappelle le Huffington Post, qui a repéré Jean-Paul Dufrègne en plein excès de vitesse, le député communiste de l'Allier est un opposant à la baisse de la limitation de vitesse. Il faisait partie des signataires d'une lettre ouverte à Emmanuel Macron envoyée en février dernier par 34 élus du Massif Central, dénonçant une mesure "injuste et pénalisante pour la France périphérique, celle des territoires".

Nouvelles manifestations à venir

Plusieurs manifestations sont prévues à travers la France. La fédération française des motards en colère (FFMC) et 40 millions d'automobilistes ont ainsi lancé un appel conjoint à la mobilisation les 14 et 15 avril prochains dans de nombreuses villes, indique le site spécialisé Caradisiac. Le mot d'ordre de ces rassemblements: mieux vaudrait entretenir le réseau et investir sur la formation plutôt que réduire la vitesse autorisée.

Julien Bonnet