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Les prix du carburant s'envolent de nouveau, mais ce n'est plus à cause d'une hausse des taxes

Les prix à la pompe sont toujours au plus haut ces derniers jours. Depuis le début de l'année, ce ne sont pas les taxes qui sont en cause mais le contexte géopolitique mondial.

"Le carburant, c’est pas bibi!", expliquait en novembre 2018 dans la Meuse Emmanuel Macron, à des habitants excédés par le prix toujours plus élevé du carburant à la pompe. Six mois plus tard, les tarifs ne se sont toujours pas calmés.

Selon les chiffres officiels compilés le 29 avril, le litre de sans-plomb 95 atteignait en moyenne 1,5802 euro le litre. Le litre de diesel approchait lui les 1,4818 euro sur tout le territoire. Ces prix sont proches des records de 2018, au tout début du mouvement des gilets jaunes en octobre. Le prix du sans-plomb 95 rejoint même les records de 2013.

Certes, par rapport à 2013, le poids des taxes s'est considérablement alourdi. Pour le SP-95, la part des taxes dans le prix à la pompe était de 50,4% en février 2013, elle atteint 61,3% en avril 2019. Pour le gazole, on est passé de 46,8% à 56,7% en un peu plus de 6 ans, comme nous l'expliquions récemment. Le niveau équivalent de taxes entre essence et diesel a d'ailleurs une conséquence très directe pour les automobilistes. La moindre variation du prix du baril se fait davantage sentir qu’auparavant, en particulier sur le prix du litre de gazole.

Reste que, depuis janvier, les prix élevés à la pompe ne s'expliquent pas directement par la hausse des taxes, mais par le contexte géopolitique dans le monde.

Une production de pétrole contrôlée par les pays producteurs

Le prix à la pompe actuellement constaté par les automobilistes découle avant tout d’un prix du baril compris entre 65 dollars (pour le WTI) et 75 dollars (pour le Brent) il y a encore quelques semaines. La récente baisse du prix du pétrole, aux environs des 60 dollars le baril de WTI et en-dessous des 70 dollars pour le Brent ce 6 mai, ne se répercutera en effet pas tout de suite sur les prix à la pompe.

Depuis le début de l’année, les pays producteurs de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) font en effet tout pour réduire leur production, et faire ainsi augmenter les prix. En outre, les sanctions renforcées des Etats-Unis contre l’Iran et le Venezuela pèsent également sur l'offre. Inversement, si Donald Trump met à exécution sa menace de relever les taxes douanières sur les exportations chinoises, cela pourrait affaiblir la croissance du commerce mondial et donc la demande en pétrole, ce qui tirerait alors les prix vers le bas.

Pauline Ducamp, avec Nicolas Doze