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Le Royaume-Uni avance à 2030 la fin de la vente des voitures thermiques

Boris Johnson, l'un des artisans du Brexit et ancien maire de Londres, en visite au siège de Toyota, au Japon, en octobre 2015.

Boris Johnson, l'un des artisans du Brexit et ancien maire de Londres, en visite au siège de Toyota, au Japon, en octobre 2015. - Toyota

Dans une tribune publiée dans le Financial Times, Boris Johnson a annoncé ce mardi que les ventes de voitures essence et diesel seront interdites au Royaume-Uni dès 2030, soit cinq ans plus tôt que l'objectif initial.

Plus aucune voiture thermique neuve, essence ou diesel, ne sera en vente à partir de 2030 au Royaume-Uni. Dans une tribune publiée ce mardi dans le Financial Times, Boris Johnson a dévoilé ce nouvel objectif, parmi une série de dix mesures afin d'assurer une croissance verte pour le pays dans les prochaines années. C'est donc une nouvelle accélération dans la limitation de la place de voitures thermiques outre-Manche. La date de cette interdiction avait déjà été avancée de 5 ans en février dernier, passant alors de 2040 à 2035.

Au total, 12 milliards de livres vont être investis dans ce green deal, dont pratiquement un quart pour l'automobile.

Nous investirons plus de 2,8 milliards de livres sterling dans des véhicules électriques, en dotant le pays de points de charge et en créant des batteries longue durée dans les gigafactories britanniques", écrit Boris Johnson dans son manifeste.

Les hybrides encore rechargeables tolérées jusqu'en 2035

Une tolérance s'appliquera cependant pour les voitures hybrides jusqu'en 2035. Cette tolérance s'appliquera à l'hybride rechargeable car ces modèles peuvent en général rouler en 100% électrique sur 50 kilomètres environ. Cette motorisation reste cependant critiquée car elle utiliser des batteries, ce qui représente un surpoids "inutile" lorsqu'elle n'est pas rechargée.

En France, l'hybride rechargeable permet par exemple de recevoir un bonus et sera exempté du futur malus au poids qui rentrera en vigueur en 2022, contrairement à l'hybride classique ou auto-rechargeable popularisé par Toyota. On peut également mentionner l'hybride léger (ou "mild-hybrid") qui permet d'augmenter l'efficience d'un moteur thermique en s'appuyant sur un système associant un alterno-démarreur qui peut venir soutenir le moteur grâce à une batterie à la capacité très réduite.

En début de semaine, le FT rappellait ainsi qu'il existe une certaine confusion autour de ces différentes technologies "électrifiées", qui vont donc du 100% électrique sur batterie ou, dans le cas de l'hydrogène avec une pile à combustible, à ces différentes formes d'hybridations. Le quotidien britannique donne ainsi comme exemple un tweet du "International Trade Council" qui a présenté le futur Nissan Qashqai produit dans l'usine anglaise de Sunderland comme "électrique" alors qu'il ne sera que hybride.

La pression des constructeurs automobiles au Royaume-Uni pour maintenir autorisée la vente de toutes formes de véhicules hybrides à partir de 2030, au moins pendant cette période de tolérance prévue jusqu'en 2035 ne semble cependant pas avoir porté ses fruits.

Une marque comme Honda, qui produit encore des véhicules au Royaume-Uni, estime par exemple qu'il était encore trop ambitieux d'envisager un virage complet vers le 100% électrique dans 15 ans. Elle compte proposer tous ses modèles en version hybride dès 2022 mais estime que le véhicule électrique à batterie n'est pas adapté à tous les segments et usages actuels.

La France en 2040, la Norvège dès 2025

En France, les parlementaires ont voté l'an dernier la fin de la vente des véhicules diesel, essence et gaz naturel d'ici à 2040. Mais certains députés réclamaient justement un objectif plus ambitieux, dès 2030.

L'ex-ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, expliquait notamment que la date de 2040, retenue par le gouvernement dans son plan climat, "n'est pas compatible avec les conclusions du rapport publié par le GIEC", sur le réchauffement climatique.

C'est pour le moment la Norvège qui a l'objectif le plus ambitieux. Le pays, où les immatriculations de 100% électriques et hybrides représentaient plus des deux tiers des ventes totales l'an dernier, vise l'abandon des ventes de voitures thermiques dès 2025.

https://twitter.com/Ju_Bonnet Julien Bonnet Journaliste BFM Auto