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La vignette Crit'Air bientôt obligatoire en petite couronne?

La Métropole du Grand Paris envisage de mettre en place une "zone à basses émissions" dès 2019 dans un périmètre défini par l’A86, l'autoroute qui contourne Paris. La vignette Crit’Air, jusque-là obligatoire intramuros pourrait alors être étendue à toute la petite couronne.

Et si la vignette Crit'Air était étendue au Grand Paris? Dans le cadre de son plan "Climat, air, énergie", la Métropole du Grand Paris compte proposer la mise en place d'une "zone à basses émissions" qui s'étendrait jusqu'à l'A86. Cette zone devrait s'appuyer sur le modèle de Paris, où les vignettes Crit'Air sont obligatoires depuis 2017 et où les véhicules les plus polluants (vignettes 5 et non classés) sont interdits de circuler en semaine.

"Nous travaillons à la mise en place de vignettes sur le périmètre à l'intérieur de l'autoroute A86 et il y aura des restrictions de circulation sur les véhicules les plus polluants. Ca sera comme Crit'Air", indique sur France Bleu Paris Daniel Guiraud, vice-président en charge de l'environnement à la Métropole du Grand Paris, donnant pour objectif 2019.

La zone choisie correspond à Paris et sa proche banlieue comprenant les Hauts-de-Seine et une partie des communes de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne.

La vignette Crit'air pourrait devenir obligatoire dans la zone délimitée par l'A86.
La vignette Crit'air pourrait devenir obligatoire dans la zone délimitée par l'A86. © BFM Paris

Crit'Air 3, 4 et 5 interdits dans la zone

Dans une étude publiée fin mars, Airparif étudiait les effets qu'aurait la mise en place d'une telle zone sur la qualité de l'air. En élargissant le dispositif Crit'Air au territoire intra-A86 et en étendant l'interdiction de circulation aux véhicules Crit'Air 3 et 4, Airparif table sur une diminution de 51% des émissions d'oxydes d'azote, de 37% pour les particules PM10 et de 47% pour les particules PM2,5. En tout, 91% des Métropolitains ne seraient alors plus exposés à des niveaux de pollution dépassant la réglementation.

Concrètement, tous les véhicules diesel immatriculés avant le 1er janvier 2011 (âgés d'à peine 7 ans) n'auraient plus le droit de circuler en semaine, et a fortiori pendant les pics de pollution. Les voitures essence immatriculées avant le 1er janvier 2006 seraient également interdites.

Airparif
Airparif © Airparif

Mais pour mettre en place cette zone à basses émissions, la Métropole du Grand Paris devra d'abord obtenir l'accord de toutes les communes. Et les oppositions sont déjà présentes.

"Ce qui est envisageable, c'est la régulation du trafic les jours de pollution, pourquoi pas. Ce qui n'est pas envisageable en revanche, c'est d'étendre à l'ensemble de l'Ile-de-France la politique de Madame Hidalgo à Paris, c'est-à-dire une politique systématiquement anti-voiture, parce que nos concitoyens ont bien souvent besoin de leur voiture pour se déplacer", souligne sur BFM Paris Daniel Guérin, vice-président du Conseil départemental du Val-de-Marne.

Une prime à la casse incitative réclamée à la Région

La Région met quant à elle en garde contre une "fracture sociale" qui serait créée au sein de l'Ile-de-France par une telle mesure. Valérie Pécresse, plaide dans ce cadre en faveur d'une prime à la casse incitative.

"Le problème que nous avons aujourd'hui, c'est le remplacement des moteurs des véhicules polluants en Ile-de-France. La bonne solution serait de mettre en place une aide au remplacement de tous les véhicules particuliers", estime la présidente de la région Ile-de-France.

Avec ou sans zone à basses émissions, les restrictions de circulation liées aux pastilles Crit'Air vont se poursuivre ces prochaines années à Paris. Dès le 1er semestre 2019, les véhicules équipés d'une vignette 4 ne pourront plus circuler en semaine. Suivront ensuite les pastilles Crit'Air 3 en 2022 avant une interdiction de tous les véhicules diesel pour 2024, puis d'une interdiction des véhicules essence en 2030.

Carole Blanchard