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Et si vous transformiez un Solex, un Peugeot 103 ou encore une Vespa en deux-roues électrique?

Image d'illustration - Donner une nouvelle vie à de vieux Solex ou Peugeot 103, en le passant à l'électrique, c'est le principe du rétrofit.

Image d'illustration - Donner une nouvelle vie à de vieux Solex ou Peugeot 103, en le passant à l'électrique, c'est le principe du rétrofit. - FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Une start-up propose de transformer les Solex, Peugeot 103, Vespa mais aussi les T-Max en véhicules électriques propres et silencieux. Une fois refait, ils pourront repartir pour quelques dizaines de milliers de kilomètres en conservant leur design.

Les vieilles mobylettes, les vieux scooters et les Solex ne sont plus les bienvenus dans les rues. Ils polluent, font du bruit et ne sont plus adaptés aux nouvelles mobilités qui font la part belle aux vélos. Mais, grâce au rétrofit, ces vieux engins renaissent reviennent en héros au coeur des villes en se transformant en deux-roues électriques.

Une pratique autorisée en France depuis quelques semaines

Une start-up s'est lancée sur ce créneau devenu légal en France avec un arrêté paru en plein confinement. Ce dernier autorise les constructeurs à convertir des véhicules thermiques en électriques. Pour cette transformation, qui ne concerne que les véhicules d'au moins trois ans, une prime de 1100 euros est offerte par l'État pour les deux-roues. Elle monte à 5000 euros pour les voitures. C'est une nouveauté issue du plan de soutien à l'automobile présenté fin mai par Emmanuel Macron.

Noil s'est directement orienté vers les deux-roues.

"Nous avons créé l'entreprise il y a un an avec deux amis d'enfance passionnés de vélos, de scooters et de motos", explique Victor Bréban, cofondateur de l'entreprise dont le nom est une contraction de "no oil", "pas de carburant" en français. Ces trois entrepreneurs ont 24 ans.

Pour se lancer, les trois complices ont décidé de se spécialiser d'abord sur les cyclos et les scooters qui ont le plus fort attrait de séduction chez les jeunes (et les moins jeunes): Solex 3800, Peugeot 103, Vespa (50 et 125 cc), mais aussi le Yamaha X-Max. Après quelques jours de transformation, ces engins deviennent des deux-roues silencieux avec une autonomie de 30 à 100 kilomètres selon les modèles.

400 euros pour "rétrofiter" un Solex

"Ces modèles sont les plus prisés, et en nous limitant à quelques modèles, nous pouvons optimiser nos achats et la logistique", explique Victor Bréban.

En effet, les tarifs sont attractifs. Pour un Solex 3800, il faut compter 399 euros pour une conversion à l'électrique. Pour un Peugeot 103, le prix monte à 899 euros. Pour le célèbre T-Max du rappeur Jul, la facture s'élève à un plus de 4000 euros. Pour ceux qui n'ont pas de scooters, Noil propose de leur en trouver un, de le remettre à neuf et de le transformer en électrique.

"Ces tarifs sont possibles grâce à la subvention de l'Etat [de 1100 euros, ndlr] qui est très attractive", admet Victor Bréban.

Peu de concurrence sur le deux-roues électrique

Pour le moment, la concurrence n'est pas agressive et encore moins de la part des constructeurs officiels de deux-roues électriques.

"Le Vespa électrique est très bien, mais il coûte plus de 6000 euros et pour des scooters plus puissants, il y a le Evo de BMW qui ne sera pas renouvelé. Hormis les constructeurs asiatiques low-cost, nous ne sommes pas nombreux sur ce créneau", explique le jeune entrepreneur en précisant qu'il ne s'agit de concurrencer ces constructeurs. En effet, pour être éligible au rétrofit, un engin doit avoir plus de trois ans et ne plus être couvert par une garantie constructeur.

Ces modèles "vintage" ne seront pas les seuls. Sur son site, Noil propose aux internautes d'indiquer les modèles qu'ils aimeraient voir entrer dans sa gamme rétrofit. La start-up compte aussi proposer des modèles plus modernes, mais dans un second temps, lorsque le marché aura mûri.

Victor Bréban est convaincu du succès de Noil.

"On ne peut pas tous faire du vélo pour des raisons de distances et les deux-roues thermiques vont être peu à peu bannies des centres-villes. Notre modèle repose sur l'économie circulaire et sur la mobilité urbaine non polluante".
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco