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Comment s’offrir une voiture électrique à 5000 euros sans changer de véhicule

Le plan Macron de soutien à l'automobile propose une prime pour convertir sa voiture thermique en électrique.

Le plan Macron de soutien à l'automobile propose une prime pour convertir sa voiture thermique en électrique. - BFM AUTO

La prime à la conversion est désormais ouverte au rétrofit, la conversion d’une voiture thermique en électrique. De quoi faire de bonnes affaires.

Bénéficier d’une prime pour transformer sa (vieille) voiture thermique en électrique, c’est l’une des mesures du plan Macron de soutien à l’automobile. Le décret paru au Journal Officiel le 31 mai liste ainsi les bonus pour l’achat de voitures électriques neuves, le nouveau barème de la prime à la conversion pour acheter des voitures d’occasion (électriques ou thermiques récentes).

Ce texte réglementaire élargit cette prime au "rétrofit", considérant que transformer une voiture thermique en électrique revient à sortir cette voiture essence ou diesel du parc. Comme lorsqu’elle est mise à la casse.

"On estime que la conversion d’une voiture permet d’économiser plusieurs tonnes de CO2 par rapport au fait d’envoyer une voiture au rebut et d’en acheter une électrique neuve", reprend Roland Schaumann, fondateur de Ian Motion, une société qui convertit des Austin Mini, dans Challenges.

De 2500 à 5000 euros de prime

Le barème est donc identique à celui de la prime à la conversion pour un véhicule électrique. Mais la voiture concernée peut être beaucoup plus récente: elle s’applique au voiture thermique de cinq ans et plus.

Les Français les plus modestes (revenu fiscal de référence par part inférieur à 18.000 euros) bénéficieront de 5000 euros, "dans la limite de 80% du coût de la transformation", précise le ministère de la Transition écologique et solidaire. Les entreprises et ceux dont les revenus sont plus élevés (revenu fiscal de référence par part supérieur à 18.000 euros) bénéficieront eux de 2500 euros d'aide. Si le propriétaire transforme un utilitaire, il touchera alors 5000 euros.

Et contrairement à la prime à la conversion 2020, qui s’arrêtera au plus tard au 31 décembre, cette prime spéciale rétrofit sera prolongée au 1er janvier. De quoi lancer un secteur économique balbutiant. Techniquement au point depuis quelques années, la conversion n’est en fait légale en France que depuis le 3 avril 2020. Une trentaine de véhicules a été transformée cette année et l’association AIRe, qui regroupe douze entreprises de ce secteur, anticipe un millier de transformation l’an prochain.

"La prime à la conversion pour le rétrofit est une magnifique avancée, nous précise Arnaud Pigounides, président d’AIRe. Surtout pour les consommateurs qui possèdent déjà leur véhicule qui y auront accès… et c’est bien normal".

Quelques bonnes affaires…

Cette prime peut dans certains cas s’avérer une très bonne affaire, par exemple chez Transition One. Cette société s’est spécialisée sur les plus petits véhicules avec une autonomie d’environ 100 kilomètres.

"Nous visons 80% des usages d’un véhicule, nous explique Aymeric Libeau, fondateur de Transition One. Avec les technologies de batteries actuelles et leur densité, cela n’a pas de sens selon nous de convertir un gros véhicule. Ce serait beaucoup trop cher". Convertir un gros SUV familial dépasserait aisément les 50.000 euros, loin du prix que propose cette société pour transformer une Renault Twingo 2 ou une Fiat 500: 10.000 euros hors aides.

Une fois la prime déduite, le prix de l’opération tombe à 5000 euros. Soit un prix que peut atteindre une voiture électrique d’occasion, moyennant la prime à la conversion. Transition One veut miser sur de nombreuses conversions (100.000 d’ici cinq ans) pour atteindre des prix bas, avec une production à l’échelle industrielle.

… et des tarifs encore élevés

Les tarifs restent cependant souvent bien plus élevés pour cette industrie qui débute. Chez Ian Motion, la conversion de l’Austin Mini débute à 29.550 euros… si le consommateur possède déjà la voiture. Rétrofuture propose une conversion pour 15 à 20.000 euros (hors prime).

"Cela peut paraître cher mais ce tarif correspond à mettre la moitié d'un véhicule électrique neuf dans une robe ancienne. Au prix d’une demie voiture électrique neuve, résume Arnaud Pigounides. Avec la prime, qui dépend bien sur des revenus, et la maintenance prix des pleins d’essence en moins, c’est rentabilisé en moins de 4 ans… Après? C’est que des économies".

Avant de parler d’économies, les sociétés du secteur devront parler trésorerie. Selon Challenges, Transition One espère lever 8 millions d’euros pour amorcer sa production, Ian Motion 1,5 millions.

Pauline Ducamp