BFM Business

Essai - La nouvelle Citroën C4, mi-berline, mi-SUV, mise sur le confort

Citroën veut se relancer sur le segment des berlines compactes avec sa nouvelle C4 qui emprunte beaucoup aux SUV. Objectif: séduire des clients qui cherchent un véhicule à la fois pratique et confortable.

Citroën a-t-il enfin (re)trouvé la bonne formule pour sa C4? Après les succès mitigés des C4 Cactus phase 1 (2014-2018) et phase 2 (2018-2020), la marque aux chevrons abandonne cette dénomination pour nous redonner sa vision de la berline pratique et polyvalente qu'elle est censée incarnée.

Une berline, vraiment?

Une berline, officiellement, mais avec de forts accents de SUV en conservant par exemple des protections de carrosserie ou une position légèrement surélevée. Mais aussi de coupé avec ce toit plongeant à l'arrière. Bref, tous les codes de ce qui marchent actuellement auprès des clients.

Présentée comme une berline, cette nouvelle C4 emprunte quelques codes aux SUV.
Présentée comme une berline, cette nouvelle C4 emprunte quelques codes aux SUV. © NH

Ce drôle d'objet à la croisée de ces trois formes de carrosserie se révèle plus harmonieux à l'œil quand on le découvre pour la première fois. L'impression de faire face à un SUV coupé, qui dominait sur les photos officielles, n'est plus vraiment là, principalement en raison de la hauteur limitée du véhicule, à 1,52 mètre.

La garde au sol de cette nouvelle C4 est seulement 3 centimètre plus haute que sur une Peugeot 308, tout en proposant quand même une position de conduite 7 centimètre plus élevée, un des arguments qui fait mouche auprès des acheteurs de SUV. Mais au-delà de son style original, le vrai point-fort de cette nouvelle C4 reste le confort.

Le bon point: une nouvelle référence de confort

C'est en effet ce qui nous a marqué au volant de cette nouvelle C4. Un confort, marque de fabrique historique de Citroën, qui revient depuis un certain temps dans le discours de la marque.

L'intérieur de la nouvelle C4
L'intérieur de la nouvelle C4 © Citroën

Le deuxième Cactus renforçait d'ailleurs fortement cet aspect, et cette nouvelle C4 pousse encore ce curseur un peu plus loin. On retrouve ainsi les suspensions à butées hydrauliques et les sièges "Advances Comfort" pour placer les conducteurs et passagers dans un petit cocon bien douillet. De quoi en faire une nouvelle référence de confort.

On retrouve également une dimension de "confort technologique" bien présente: après certains errements ergonomiques sur de précédents modèles, Citroën livre une copie assez convaincante à ce niveau-là. Affichage tête-haute, compteurs sur écran, tablette tactile avec Android Auto et Carplay et commandes de climatisation pratiques... toutes les cases principales du confort moderne sont bien cochées. Et Citroën joue même la carte de l'originalité sur ce point avec, juste au-dessus de la boite à gants, un tiroir qui peut se transformer en support sécurisé pour tablette pour occuper le passager avant. A découvrir dans notre essai vidéo.

Un support pour tablette est proposé pour le passager avant
Un support pour tablette est proposé pour le passager avant © Citroën

On peut également mentionner une flopée d'aides à la conduite, parmi lesquels le duo régulateur adaptatif (pouvant aller jusqu'à l'arrêt) et le suivi des lignes de la route pour offrir une conduite autonome de niveau 2 qui a parfaitement fonctionné lors de notre essai.

Nous avions opté pour un moteur essence Puretech 130 chevaux, associé à la boite automatique EAT8 qui fait preuve de réactivité et de douceur, en ligne avec le positionnement confort de cette C4. Ce sera la version a priori la plus vendue en France.

Citroën proposera deux autres moteurs essence (100 et 155 chevaux) et deux Diesel (110 et 130) mais aussi une version 100% électrique, la ë-C4 que nous avons pu rapidement découvrir.

D'après la marque, c'est cette version qui pousse le plus loin la dimension de confort, avec les ingrédients savoureux et bien connus de l'électrique comme la réactivité à l'accélération et le silence d'utilisation. Et cela se confirme dans les faits. Mais son autonomie annoncée à 350 kilomètres (norme WLTP) nous semble encore un peu juste pour séduire un public aussi large que les versions thermiques. Surtout pour un modèle qui se veut le véhicule principal du foyer.

Le point noir: trop différente pour plaire?

On peut se poser la question du choix du design de cette nouvelle C4: mi-berline, mi-SUV, un choix osé qui risque (encore) de couper Citroën d'une partie du public. Pourquoi en effet opter pour un crossover entre différentes carrosseries? Si le client rêve d'un SUV ou se voit plutôt rouler en berline, autant dire qu'il aura déjà l'embarras du choix.

Avec ces choix design originaux, nul doute que cette nouvelle C4 ne passe pas inaperçue. On ne peut que lui souhaiter un destin de Nissan Juke (renouvelé début 2020), ce crossover au look étrange avait fait un carton inattendu à son lancement. Mais ces paris osés n'ont pas vraiment souri à Citroën ces derniers temps.

Les hommages à la GS, qui fête ses 50 ans cette année, feront peut-être sourire les nostalgiques mais cela sera-t-il suffisant pour les séduire? L'arrière, avec sa vitre de custode étirée et le coffre droit, évoque en effet directement cet ancêtre d'un glorieux passé avec lequel Citroën cherche à renouer.

L'arrière, avec son pavillon plongeant et son coffre à la verticale, rend hommage à la GS.
L'arrière, avec son pavillon plongeant et son coffre à la verticale, rend hommage à la GS. © NH

A voir donc si Citroën saura transformer ce point noir en point fort. La marque aux chevrons évoque notamment des concurrents variés, des berlines compactes comme les Peugeot 308, Renault Mégane ou Volkswagen Golf, aux SUV compacts, Peugeot 2008/3008 ou Renault Captur, de quoi offrir un potentiel de clientèle important. Mais ce sont aussi de solides concurrents à qui il peut paraître compliqué de faire de l'ombre...

A quel prix? Essence ou électrique?

Côté prix, cette nouvelle C4 démarre à 20.900 euros. Notre principal modèle d'essai, avec le moteur Puretech 130 et la boite EAT8, et en finition haut de gamme Shine Pack, s'affiche à 31.900 euros.

La version 100% électrique de la C4, la ë-C4
La version 100% électrique de la C4, la ë-C4 © Citroën

L'électrique ë-C4, dans la même finition haut de gamme, s'affiche de son côté à 38.800 euros. Mais avec les 7000 euros de bonus, elle retombe finalement à un prix très proche notre version essence, à 31.800 euros. Reste donc à voir selon les usages du client et sa volonté de passer ou non à l'électrique.

https://twitter.com/Ju_Bonnet Julien Bonnet Journaliste BFM Auto