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Essai - Nissan Juke, moins de folie, plus de technologies

Nissan renouvelle l’un de ses best-sellers, le Juke. Pionnier des SUV urbains, ce modèle renouvelé reprend les tendances du moment: plus de place, plus de technologies. Avec pour ambition de gonfler les marges du constructeur japonais.

Le Juke est un modèle à part dans le segment très concurrentiel des SUV urbains. En 2010, c’est lui qui lance ce segment des SUV taillés pour la ville. Dix ans plus tard, Nissan a recensé 25 concurrents au Juke, avec le renouvellement ces derniers mois des poids lourds Peugeot 2008 et Renault Captur comme l’apparition de nouveaux venus tel le Ford Puma. Le Juke II affiche un look plus sage que la précédente version. Il suit surtout les grandes tendances du segment avec plus de place à l’intérieur et plus d’équipements technos.

Mais pourquoi... le Nissan Juke II

Au delà de son statut de pionnier, le premier Juke se distinguait de ses concurrents par un look inédit. Gros phares ronds, allure de coupé, le premier Juke affichait de faux airs de grenouille. Ce look pouvait clairement ne pas passer mais c'était l’une des clés de son succès. Selon Nissan, 52% des acheteurs le choisissent en effet pour son design, 20% pour sa personnalité.

Le Juke fût aussi l’un des premiers modèles à miser sur la personnalisation à outrance, notion qu’il introduit chez Nissan. Comme vous pouvez le voir dans notre essai vidéo, le nouveau Juke s’est assagi côté look. Il reprend désormais les nouveaux codes de ce segment. Construit sur la même plateforme que les Renault Captur II et Clio V, il gagne 7 centimètres en longueur comme en empattement. Les lignes permettent d’accéder plus facilement aux places arrière (où les passagers gagnent 5,8 centimètres d’espace supplémentaire aux jambes) ou de charger plus facilement les bagages dans le coffre. Contrepartie: le design est plus sage.

Ce nouveau Juke incarne en effet "le nouveau Nissan", avec plus de technologies embarquées et d’aides à la conduite, une autre tendance de fond sur le segment des petits SUV. Le Juke II se positionne comme une voiture plus familiale, plus seulement comme une seconde voiture. Deux tiers des ventes de Nissan en France sont des SUV. Le lancement du nouveau Juke conçu uniquement pour le marché européen est donc crucial, surtout en cette période de vache maigre rencontrée par Nissan.

Au volant

S’il existe une centaine de combinaisons couleurs carrosserie/habitacle, Nissan ne commercialise le Juke qu’avec une seule motorisation, un moteur 3 cylindres essence 1.0 de 117 chevaux.

"La majorité des clients achète en Europe des modèles compris entre 110 et 125 chevaux, et seulement 7% de version diesel, nous explique un porte-parole de Nissan. Cela date de l’arrivée en 2014 du nouveau moteur essence 115 chevaux".

Nissan assume donc clairement son choix, le moteur 117 chevaux est un moteur conçu au sein de l'Alliance. Pas de diesel sur cette nouvelle génération, mais une version hybride pourrait être disponible dans les prochaines années mais Nissan n’en dit pas plus. "La philosophie est de partir de ce dont le client a besoin", résume-t-on chez Nissan.

Sur notre parcours de 150 kilomètres, le Juke n’est pas très précis côté direction, mais plutôt léger (1,182 tonne) et peu gourmand. Notre conso moyenne est de 6,2 litres aux 100. Avec la boîte de vitesses manuelle 6 rapports, Nissan annonçait 5 litres aux 100, le Juke est donc à peu près dans les clous.

‘LE’ truc en plus: les aides à la conduite et la connectivité

Lors de notre essai, nous n’avons pas pu tester en conditions réelles la connectivité en 4G entre le Juke et le smartphone du propriétaire appelée Nissan Connect Services, une fonction que nous avions effleurée lors de sa présentation statique. Elle facilite en théorie la vie au quotidien du conducteur en particulier avec la compatibilité avec l’Assistant Google. En revanche, nous avons pu expérimenter le système de conduite demi-autonome Drive Assist.

Avec notre boîte manuelle, le système ne peut cependant s’activer que sur autoroute, non dans les bouchons comme avec la boîte automatique double embrayage 7 rapports et le système Propilot. Drive Assist fonctionne plutôt efficacement sur voie rapide. L’arrivée de ce type de technos est une tendance de fond des nouvelles générations de petits SUV et Nissan a eu la bonne idée de ne pas multiplier les packs et options pour les obtenir.

De série, le Juke dispose du régulateur de vitesse, du freinage d’urgence, de l’alerte au franchissement de ligne et du système de prévention et du système Châssis Control qui assure la stabilité des trajectoires. Sur notre finition N-Design, les systèmes Drive Assist, avertisseurs d’angle mort, vision à 360 degrés, camera de recul sont tous regroupés dans un Pack Techno à 1500 euros. Nissan Connect est aussi en option à 500 euros.

‘LE’ chiffre: 19.990

C’est en euros le prix de départ du nouveau Juke. Comptez 7850 euros supplémentaires pour notre version d’essai N-Design pratiquement toutes options, en dehors des systèmes de sécurité active (le Pack Techno). La personnalisation comme les éléments de confort sont eux de série. Une autre finition baptisée N-Connecta met elle l’accent sur les innovations.

"Aujourd’hui, les clients s’intéressent aux équipements de sécurité, la présence de prise USB à l’arrière, les couleurs, voire la puissance et le malus, mais ils ne demandent pas forcément à essayer le véhicule, ils se renseignent de moins en moins sur la motorisation", souligne un porte-parole de Nissan pour expliquer cette division du haut de gamme en deux finitions spécifiques (style ou techno).

Très peu d’options sont disponibles à chaque niveau de finition, de quoi simplifier la vie du client comme du concessionnaire. Avec l’entrée en vigueur au 1er mars de la réglementation WLTP, le calcul des émissions dépend des équipements (options, moteur, boîte). Avec une gamme simplifiée (un moteur, peu d’options) Nissan rationalise ces calculs à l’achat du véhicule.

Notre modèle à l'essai: Nissan Juke DIG-T 117 BVM6 en finition N-Design à 28.740 euros (dont 2600 euros d'options)
Pauline Ducamp avec Léa Ménandeau