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Essai - Audi Q8, le seigneur des anneaux

Le Q8, le nouveau fleuron premium des SUV Audi

Le Q8, le nouveau fleuron premium des SUV Audi - JB

Le nouveau modèle d'Audi explore terrain à la mode des SUV coupé. Avec des dimensions comparables au Q7, il se veut plus design et dynamique. Dans le prolongement des A6, A7 et A8, ce Q8 se présente comme le seigneur haut de gamme de la marque aux anneaux.

Le SUV est incontestablement la star des ventes de ces dernières années. Afin de se distinguer dans une armada de modèles, les marques premium proposent une alternative: le SUV coupé. Ou comment transformer un véhicule imposant et presque utilitaire en un objet toujours aussi imposant, mais plus design.

Dans la catégorie grande taille et après les BMW X6, Mercedes GLE coupé, voici donc l'Audi Q8. Une tendance du SUV coupé si forte qu'elle touche désormais les généralistes. Renault a récemment dévoilé son SUV coupé Arkana, pour le moment réservé à des marchés étrangers comme la Russie et la Chine. Mais revenons à notre monde premium à bord de ce Q8, premier du nom.

La face arrière de ce nouveau Q8 intègre la nouvelle signature lumineuse déjà vue notamment sur l'A8.
La face arrière de ce nouveau Q8 intègre la nouvelle signature lumineuse déjà vue notamment sur l'A8. © JB

Mais pourquoi l'Audi Q8?

Début 2017 à Détroit (Etats-Unis), Audi dévoilait son concept Q8 annonçant l'arrivée d'une version de série. Un an et demi plus tard, le SUV est bel et bien prêt avec un lancement commercial depuis quelques jours en France.

Ce Q8 s'appuie sur une base technique déjà bien connue puisque il reprend la plate-forme des Benley Bentayga, Porsche Cayenne, Lamborghini Urus, Volkswagen Touareg et donc de son grand frère le Q7. Une belle famille de SUV premium au sein du groupe Volkswagen et de quoi s'arroger la part du lion sur ce segment si porteur dans les ventes actuellement.

De profil, le Q8 affiche une silhouette de coupé plus dynamique que son grand-frère le Q7
De profil, le Q8 affiche une silhouette de coupé plus dynamique que son grand-frère le Q7 © JB

Au volant de cet Audi Q8

Côté design, ce SUV géant, avec près de 5 mètres de long, affiche fièrement son rôle de porte-étendard de la gamme Audi. Dans ses dimensions comme ses proportions, ce Q8 en impose. La chute de toit à l'arrière fait son petit effet. Tout comme le "quattro blister", avec des formes marquées sur la carrosserie autour des passages de roues pour mettre en avant la transmission intégrale du véhicule, portant la célèbre appellation "quattro" chez Audi.

Notre modèle d'essai était la version "50 TDI". Si on n'a toujours pas vraiment compris la nouvelle dénomination chez Audi, il faut comprendre que notre Q8 disposait sous son capot d'un agréable V6 diesel 3 litres (rien à voir avec 50 donc), affichant une puissance de 286 chevaux et 620Nm de couple. Le tout avec quatre roues motrices et la boîte automatique Tiptronic 8 rapports.

Sur un vaisseau aussi lourd avec près de 2,2 tonnes à vide, le diesel reste complètement adapté. D'après Audi, cette motorisation devrait d'ailleurs représenter 90% des ventes de Q8. Ce 50 TDI sera d'ailleurs la seule version proposée au lancement, avec à venir avant la fin de l'année un diesel moins puissant de 231 ch et un essence de 340 ch.

Avec notre V6 TDI, on ne manque pas de puissance sans entrer toutefois dans la catégorie des SUV hautes-performances. Il faut dire qu'un SQ8 est au programme avec probablement un V8 capable de satisfaire les amateurs de vaisseaux surpuissants. En attendant, on profite du V6 assez polyvalent avec 7 modes de conduite, de confort et éco pour les plus tranquilles à dynamique et offroad pour les plus musclés. Audi a particulièrement soigné l'isolation ce qui permet de filer sur la route dans le plus grand calme. Malgré son grand gabarit, l'agilité du Q8 est renforcée par les quatre roues directrices de série, un vrai plus pour manoeuvrer sans trop de difficultés. 

La calandre avec le pack brillance noir Audi exclusive donne un aspect un peu trop sombre à l'avant de notre version, on lui préférera le gris mat ou la couleur carrosserie.
La calandre avec le pack brillance noir Audi exclusive donne un aspect un peu trop sombre à l'avant de notre version, on lui préférera le gris mat ou la couleur carrosserie. © JB

Avec son poids et une telle cavalerie sous le capot, pas étonnant de voir la consommation s'envoler. Lors de notre essai sur autoroute et routes de montagne des Alpes, autour de Megève, l'écran affichait 10,5 litres aux 100 km après une demi-journée de conduite. Mais face à l'adversité, le Q8 répond présent sans s'enflammer. En activant le mode offroad pour affronter une piste difficile, notre Q8 peut s'élever de 5,5 cm. A l'issue du parcours, la consommation reste de son côté dans une hausse plus raisonnable, avec 11,5 litres aux 100 en fin de journée. 

A l'intérieur du Q8, on profite de l'environnement numérique introduit sur l'A8 avec le triple combiné d'écrans: un derrière le volant, un autre tactile au centre pour l'infodivertissement et le dernier juste-en dessous pour gérer principalement la climatisation et les modes de conduite. Ce dernier profite d'un retour haptique, ou la sensation de réellement cliquer sur une touche physique. L'ensemble est complété par un affichage tête haute qui s'affiche directement dans le pare-brise. Le tout s'intègre parfaitement dans un intérieur particulièrement bien fini, même si les allergiques au tout-numérique se retrouveront logiquement un peu désespérés. Il reste tout de même de nombreux raccourcis sur le volant et la commande vocale pour contourner ce problème. 

Tout ce luxe et le design de coupé du Q8 ont un coût avec des prix qui démarrent à 78.300 euros, contre 62.930 euros pour un Q7. Sur notre modèle d'essai en finition Avus Extended intégrant un grand nombre d'options, on démarre tout de même à près de 100.000 euros. Les options ajoutées (toit panoramique, pack extérieur S-Line, jantes 22 pouces...) font grimper l'addition à 109.910 euros. Mais même à un tel tarif, on ne dispose pas de la conduite semi-autonome avec le suivi des lignes mais d'un simple régulateur de vitesse adaptatif. 

L'intérieur du Q8 reprend l'aménagement introduit sur l'A8.
L'intérieur du Q8 reprend l'aménagement introduit sur l'A8. © Audi

"LE" truc en plus: l'hybridation légère de série

Si une version e-tron hybride rechargeable n'est pas annoncée, le Q8 profite de série d'une hybridation légère ou "mild hybrid". Une batterie lithium-ion de 48V située sous le coffre à l'arrière alimente un alteno-démarreur. Ce dernier peut accompagner le moteur thermique dans des phases de décélérations ou de vitesse stabilisée afin de limiter consommation et émissions. 

Difficile de réellement le ressentir à la conduite, ce qui peut être vu comme une qualité... mais laisse aussi planer le doute sur sa réelle efficacité, avec notre consommation affichée à plus de 10 litres aux 100. A voir ce que peut donner le Q8 lors d'une conduite prolongée sur autoroute ou pour une utilisation plus urbaine, avec des arrêts plus fréquents, même si ce véhicule paraît clairement inadapté pour sortir régulièrement en ville.

L'e-tron 100% électrique, dont les livraisons doivent démarrer à la fin de l'année, sera clairement la carte "verte" d'Audi sur ce segment. Ce SUV zéro émission se positionne en effet sur le segment C aux côtés des Q7 et Q8.

En mode offroad, l'écran central affiche l'assiette du véhicule en temps réel.
En mode offroad, l'écran central affiche l'assiette du véhicule en temps réel. © JB

"LE" chiffre: 4

C'est le nombre de modèles haut de gamme chez Audi, avec l'arrivée du Q8. Après l'A8, l'A7 et l'A6, on retrouve en effet des similitudes en termes d'équipements et d'aménagement de l'intérieur sur ce premium nouvelle génération. Comme par exemple, le radar laser (ou lidar) déjà vu sur l'A8. Comme sur la berline, cet œil numérique se cantonne toutefois à l'observation de la route pour améliorer la sécurité. Pour en faire un véritable véhicule autonome de niveau 3, il faudra attendre une évolution de la réglementation. Affaire à suivre...

Le Q8 profite également à l'arrière d'un bandeau de feu arrière, comme les berlines A7 et A8. Une signature lumineuse qui renforce son caractère et une première sur un SUV chez Audi.

Le bandeau arrière de feux renforce le caractère de fleuron premium des SUV Audi sur ce Q8.
Le bandeau arrière de feux renforce le caractère de fleuron premium des SUV Audi sur ce Q8. © JB
Notre modèle d'essai: Q8 50 TDI avec un V6 3 litres de 286 ch et la Tiptronic8 en finition Avus extended, à partir de 100.800 euros (109.910 euros avec options)
Julien Bonnet