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Avec la Pan America 1250, Harley Davidson lance son offensive sur BMW

La Pan America 1250 est moto made in USA conçue pour aller "du cercle polaire arctique au pied du Kilimandjaro"

La Pan America 1250 est moto made in USA conçue pour aller "du cercle polaire arctique au pied du Kilimandjaro" - Harley Davidson

Harley Davidson mise sur ce gros cube d'aventuriers pour affronter les constructeurs européens et japonais sur leur terrain avec des technologies inédites et un gros effort sur le prix.

Après un siècle à équiper les bikers, Harley Davidson sort des sentiers battus pour séduire les aventuriers. La marque américaine vient d'annoncer la commercialisation pour juin 2021 de la Pan America. Ce trail sportif de 1250 cc est décliné en deux versions, une classique et une spéciale équipée de toutes les options possibles (ou presque). Elles se reconnaissent facilement. Les initiales HD sont sur le réservoir de la première. Sur la seconde se trouve le logo iconique "bar and shield".

Cette nouvelle moto, présentée en 2019 sur l'Eicma, le salon milanais de la moto, vise à élargir la clientèle d'Harley en attirant d'autres motards que ceux de la sphère des customs. Mais c'est aussi une manière de répondre à BMW qui a attaqué l'Américain avec le custom R18.

Un "max" de révolutions

Mais cette stratégie est surtout réaliste d'un point de vue commercial. Alors que les motos customs représentent moins de 10% des ventes mondiales, les trails représentent 40% du marché. Difficile pour un constructeur de tourner le dos à un tel potentiel. Mais pour Harley, c'est surtout un retour aux sources, comme l'explique Jochen Zeitz, son PDG.

Lors de sa création, il y a plus d'un siècle, alors que de nombreuses routes n'étaient encore que des sentiers de terre, Harley-Davidson rimait avec aventure", explique dans un communiqué Jochen Zeitz.
La Pan America est équipé du Revolution Max 1250, le nouveau moteur V-Twin
La Pan America est équipé du Revolution Max 1250, le nouveau moteur V-Twin © Harley Davidson

La cible d'Harley est clairement d'élargir son audience avec une monture capable de circuler sur tous types de routes, goudronnées, pavées mais aussi sur des pistes de terre, de sable et les cours d'eau. Elle est capable d'aller "du cercle polaire arctique au pied du Kilimandjaro", promet HD. Une polyvalence que ne permettent pas vraiment les motos de la gamme traditionnelle du constructeur. Le PDG du groupe n'a pas hésité à la tester lui-même.

J’ai parcouru de nombreux kilomètres au guidon de la Pan America, dans des régions magnifiques et reculées du monde, et j’ai testé les innovations et les capacités", déclare Jochen Zeitz.

En clair, la Pan America compte devenir la rivale de la star de la catégorie, la R1200GS de BMW, mais pas seulement. Harley va devoir se faire une place dans un créneau occupé par tous les constructeurs qu'ils soient européens ou asiatiques. Le trail américain a face à lui entre autres la Ducati Multistrada 1200 ou la Yamaha Super Ténéré 1200.

Pour cet affrontement, la marque de Milwaukee n'a lésiné sur rien. La "Pan Am'" est équipée d'un nouveau moteur, le Revolution Max 1250 (double arbre à came à distribution variable), pour offrir à la fois du couple (128 Nm) à bas régime et de la puissance (150 ch) à haut régime. Ce moteur devrait par la suite équiper les routières de la marque américaine.

Le design est aussi une révolution, même si le constructeur n'a pas été original en faisant aussi disgracieux que ses concurrents. Mais ne s'est pas privé de faire un discret clin d'oeil à ses clients historiques. En plus du gros V-Twin bien apparent, la face avant et la bulle de la Pan America sont inspirées du Road Glide, une moto star de la marque.

Une moto connectée

Pour le reste, tout est inédit jusqu'à la transmission par chaîne et plus par courroie, la capacité du réservoir (21 litres) ou le poids de l'engin qui ne fait que 242 kg. Et pour ne pas laisser les moins grands sur le bord de la route, le système Adaptive Ride Height, en option seulement sur la version spéciale, rabaisse l'arrière de la moto jusqu'à 5 cm dès qu'elle est à l'arrêt.

L'écran connecté est celui de la LiveWire, la moto électrique d'Harley Davidson
L'écran connecté est celui de la LiveWire, la moto électrique d'Harley Davidson © Harley Davidson

Mais aussi, fini les cadrans analogiques et place à un écran tactile. Celui-ci est celui de la LiveWire, la moto électrique lancée en 2020. En plus de donner toutes les informations de base, Il se connecte à un smartphone (iOS ou Android) pour afficher toutes les applis qu'il contient, notamment les GPS, même si Harley propose gratuitement le sien.

L'écran permet aussi de sélectionner un mode (sport, route, pluie, off road et off road +) selon la situation, la route ou la météo. Il pourra aussi en personnaliser d'autres, un pour la classique, trois pour la spéciale. Ces modes agissent non seulement sur la puissance du moteur, mais aussi sur les suspensions et le freinage.

Tout cela à un prix, évidemment, mais pas celui qu'on peut imaginer. L'offensive est agressive. La classique est proposée à 15.990 euros et la spéciale à 18.290 euros, soit des tarifs équivalents aux concurrentes allemandes, italiennes ou japonaises.

Harley propose évidemment des accessoires dédiés pour personnaliser ces motos comme des malles en aluminium, des sacoches et même des équipements pour le pilote. Reste désormais à découvrir le comportement et l'endurance de la "Pan Am'" dans des situations extrêmes, comme pourquoi pas, le Paris Dakar. Qui osera relever ce défi?

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco