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Contrôle technique: le nouveau test est plus sévère mais aussi plus cher 

Selon une étude du comparateur simplauto.com, les prix du contrôle technique ont augmenté en moyenne de 12%, suite à la réforme du 20 mai 2018. Si cette hausse était attendue, elle varie fortement d’un département à l’autre.

Les prix du contrôle technique ont augmenté l’an dernier, suite au durcissement de cet examen entré en vigueur le 20 mai. C’est ce qui ressort d’une étude du comparateur simplauto.com*, publiée ce mardi. En moyenne, passer le contrôle technique coûte désormais 77,62 euros, contre 69,08 euros en 2017.

"C’est un niveau de hausse que nous n’avions jamais constaté depuis 2013, l’année où nous avons commencé à réaliser notre enquête annuelle", explique ainsi au Monde Mickael Barbosa, cofondateur de simplauto.com, lancé l'année de la première étude.

Cela correspond à une hausse moyenne de 12,3% sur tout le territoire, mais en réalité, les prix de cet examen obligatoire, comme leur augmentation, sont très inégaux selon les départements (voir notre carte ci-dessous).

Presque 100 euros en Haute-Savoie

Par exemple, passer son contrôle technique coûte en Moselle 67,09 euros, soit 30 euros de moins qu’en Haute-Savoie. Les automobilistes doivent débourser dans ce département 97,49 euros en moyenne, soit le prix le plus élevé pour passer le contrôle dans l’Hexagone. Les Hauts-Savoyards sont aussi ceux qui ont vécu l’une des plus grosses augmentations du prix du contrôle technique: + 18,54% l’année dernière.

En Corse, les prix ont eux grimpé de presque 25%, alors que les habitants de l’île sont déjà parmi ceux qui payent leur contrôle le plus cher: 92,45 euros en moyenne. Les Alpes de Haute-Provence, la Réunion, les Alpes-Maritimes, la Savoie ou encore Paris font partie des régions les plus chères. La Moselle, l’Ariège ou encore l’Indre-et-Loire affichent des prix plus modérés, sous la barre des 70 euros.

Une hausse des prix annoncée

Cette hausse des tarifs étaient attendues, avec l’entrée en vigueur du nouveau contrôle technique. En effet, le nombre de points de contrôle a augmenté, passant de 123 à 133. Ce qui a eu pour conséquence d’augmenter la durée de chaque contrôle.

"Pour se mettre en conformité avec la nouvelle réglementation, la profession a dû embaucher davantage et de nouvelles compétences, explique également Bernard Bourrier, responsable du contrôle technique au Conseil national des professions de l’automobile (CNPA), au Monde. Et les propriétaires de centres ont surtout procédé à un rattrapage tarifaire. Les prix n’avaient quasiment pas bougé depuis dix ans".

Les centes ont en effet profité du changement de réglementation, pour augmenter fortement leurs tarifs. Mais selon le degré de concurrence locale, les prix n'ont pas évolué de la même manière selon les régions.

L’étude ne prend par ailleurs pas en compte dans ces prix moyens le coût de la contre-visite. Ce second passage au centre de contrôle était auparavant souvent offert par les contrôleurs, il l'est de moins en moins. Avec le durcissement du contrôle, les professionnels ont vu plus de contre-visites, et offrent donc moins souvent le second passage. L’an dernier, plus d’une voiture sur cinq est passée en contre-visite.

Un nouveau durcissement le 1er juillet

Le durcissement du contrôle, et la hausse des prix, sans compter le coût des réparations, avaient participé de la grogne des gilets jaunes. En conséquence, le Premier ministre Edouard Philippe avait repoussé de six mois l’entrée en vigueur d’un nouveau durcissement au 1er janvier. Celui-ci concerne le contrôle pollution des véhicules diesel. Il entrera finalement en vigueur le 1er juillet. Malgré l’investissement dans de nouveaux appareils de contrôle, les professionnels assurent que cela n’aura pas de nouvelles incidences sur les prix, la nouvelle procédure ne dure que quelques minutes de plus.

*Etude menée sur 3600 centres de contrôle technique en France, soit 57% du marché (6300 centres en France), hors promotion

Pauline Ducamp, avec Romain Lima et Louis Tanca