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Le nouveau contrôle technique entre en vigueur ce dimanche

Depuis ce dimanche, la France se conforme à une réglementation européenne, avec un contrôle technique plus sévère, mais plus complet.

Instauré le 1er janvier 1992, le contrôle technique fait peau neuve ce dimanche, en application d'une directive européenne du 3 avril 2014. Le but: mieux évaluer le niveau de sécurité des véhicules autorisés à rouler. Le nouveau contrôle technique se veut donc plus complet, plus sévère, tout en prenant mieux en compte certains enjeux environnementaux.

Plus de points de contrôles, plus de défaillances

Première évolution majeure de ce nouveau contrôle technique: le nombre de points de contrôle augmente, passant de 123 à 132.

"Ces points de contrôle seront beaucoup plus précis", précise le Conseil National des Professionnels de l’Automobile.

De nouveaux points vont par exemple être passés au crible, comme les pertes de fluide (essence, huile, liquide de freins) ou encore le contrôle de technologies plus modernes comme l’ABS. Certains points de contrôle seront plus sévèrement sanctionnés, comme l’état de la carrosserie ou la pollution émise par le véhicule.

Le nombre de défaillances augmente lui fortement: elles passent ainsi de 409 à 688. La notion de défaillance est cruciale au contrôle technique, puisque c’est elle qui détermine son résultat. Avec la nouvelle réglementation, les contrôleurs évalueront plus précisément la qualité de chaque défaillance: mineure, majeure et depuis aujourd’hui critique.

La défaillance critique

Une défaillance critique est une défaillance qui entraîne un danger immédiat pour la sécurité routière. Ces dernières sont au nombre de 144, comme par exemple l’absence de plancher du véhicule, un volant ou un siège conducteur non fixé, l’absence de tout feu stop ou encore des fumées et gaz d’échappement qui pénètrent dans l’habitacle. Elles visent en particulier ce qu’on nomme "les épaves roulantes", ces voitures poubelle mal entretenues, et dangereuses.

Trois résultats possibles au contrôle technique

Leur apparition entraîne alors celle d’un nouveau résultat au contrôle technique. Auparavant, il n’y avait que deux issues possibles.

En cas de défaillances mineures, pour un véhicule avec de petits défauts comme un léger déséquilibre du freinage par exemple, il obtenait quand même le contrôle technique.

En cas de défaillances majeures, par exemple une usure excessive des plaquettes, il fallait faire une contre-visite dans les deux mois, après avoir réparé. Mais le véhicule disposait pendant deux mois d’un contrôle technique provisoire.

Désormais, en cas de défaillance critique, le résultat pourra être "défavorable pour défaillance critique". Dans ce cas, le rendez-vous pour réparer la voiture doit être pris avant minuit le jour du contrôle technique. Ensuite, le propriétaire n’a plus le droit de rouler, sauf pour vous rendre au garage pour effectuer les réparations nécessaires.

Lors d'un contrôle des forces de l’ordre, il faut pouvoir prouver que vous avez bien rendez-vous, sinon il sera considéré comme en défaut de contrôle technique. Il risque alors 135 euros d’amende et une immobilisation de la voiture.

Un contrôle plus long, et plus cher

Autre nouveauté: les contrôleurs devront faire attention au kilométrage des véhicules, afin d’éviter les compteurs trafiqués. Si une incohérence survient, cette différence sera considérée comme un défaut mineure, inscrit sur le carnet du véhicule. Or, pour vendre un véhicule, ce dernier doit bénéficier d’un contrôle technique à jour de moins de 6 mois.

Toutes ces nouveautés vont allongés la durée du contrôle, d’une demi-heure à environ 50 minutes. A contrôle plus long, prix plus élevé: de 65 euros en moyenne jusqu’à hier, on passe plutôt à 80, 85 euros, selon les centres et les départements.

Pauline Ducamp