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Contrôle technique: tout ce qui change en 2018

La réforme du contrôle technique entrera en vigueur le 20 mai 2018. Nouvelles "défaillances critiques", attention portée à la corrosion ou contrôles de pollution... voici tout ce que vous devez savoir sur ce point de passage obligé tous les 2 ans.

Vous êtes un bon tiers à ne pas y présenter votre véhicule dans les temps impartis. Pourtant, tous les 2 ans, le contrôle technique est un passage obligatoire pour toute automobile appartenant à un particulier. Le 20 mai 2018, entrera en vigueur une nouvelle réglementation qui durcira ce contrôle. L’année dernière en France, près de 25 millions de voitures étaient attendus au garage pour passer un contrôle technique.

>>>Pourquoi une nouvelle réglementation?

Mis en place le 1er janvier 1992, le contrôle technique se réforme en 2018 suite à la prise d’une directive européenne le 3 avril 2014, visant à diviser par deux le nombre de morts sur les routes européennes entre 2010 et 2020. Parmi les mesures, le contrôle technique se durcit et s’harmonise au niveau de tous les Etats membres. Mais il ne deviendra pas pour autant uniforme en Europe, et un contrôle technique passé dans un pays ne vaudra pas dans un autre.

Cette nouvelle réglementation doit surtout rajeunir le parc roulant, qui est de presque 9 ans en moyenne en France, et 20% ont plus de 15 ans. "C’est une changement de réglementation majeur et, dans nos centres, certains clients se renseignent déjà, expliquait la semaine dernière sur le salon Equip’Auto Eric Sarfati, président de SGS France. C’est aussi un des éléments majeurs de la politique de sécurité routière".

>>>Plus de points de contrôle

Le nombre de points de contrôle augmente: 132 au lieu de 123 actuellement. Mais c’est surtout le nombre de défauts qui explose, passant de 453 défauts à 606. Le terme change d'ailleurs aussi: il ne faudra plus parler de "défauts" en 2018, mais de "défaillances". Par conséquence, le contrôle technique devrait également durer plus longtemps.

>>>La "défaillance critique"

Parmi les défaillances, plusieurs niveaux de sanctions seront mis en place. 340 défaillances seront considérées comme "majeures", et donc soumises à une contre-visite.

Mais la nouvelle réglementation introduit la notion de "défaillance critique". C’est l’une des principales nouveautés. Une défaillance critique touche un élément de sécurité du véhicule, considéré de facto comme dangereux. Le contrôle technique se voit alors réduit au jour du contrôle pour laisser le temps au conducteur de se rendre dans un garage pour réparer.

"Auparavant, un pneu usé par exemple pouvait poser des problèmes en matière d’assurances, mais il n’était pas considéré comme dangereux, au regarde du contrôle technique, souligne Laurent Palmier, PDG de Sécuritest. Demain, il sera jugé dangereux. Les 127 défaillances critiques portent principalement sur les éléments de freinage, l’état des pneus, les fuites excessives, ou encore la corrosion excessive. Jusqu’à présent, elle n’entraînait même pas de contre-visite".

Sur un échantillon test, avec la nouvelle réglementation, les dirigeants de SGS n’ont noté que 4% de véhicules portant des défaillances critiques. Seront par exemple considérés comme défaillance critique une absence de liquide de frein, un disque de frein cassé, une partie manquante du pare-brise, l'absence de feux stop ou une mauvaise fixation des roues.

>>>Des contre-visites plus nombreuses

"Le taux de contre-visite est aujourd’hui de 18%, mais ce nombre pourrait être multiplié par deux", estime Laurent Palmier. En cas de défaillance critique, la réparation devra être effectuée dans la journée. La contre-visite restera elle de maximum 2 mois, une fois les réparations effectuées. En revanche, l’immobilisation immédiate du véhicule, un temps envisagé, ne sera finalement pas mise en œuvre.

>>>Quelles sanctions

Un défaut de contrôle technique sera toujours sanctionné d’une amende de 135 euros. En cas de défaillance critique, un macaron sera apposé sur le pare-brise pour signaler que le véhicule ne peut rouler que le jour du contrôle pour rejoindre un garage et des réparations. Si le conducteur utilise son véhicule le lendemain sans réparer, il sera passible d’une amende de 135 euros.

>>>La pollution mieux contrôlée? C’est un des points cruciaux de la réforme sur le contrôle technique. Dès 2019, un nouveau contrôle sur l’opacité des fumées devra être beaucoup plus efficace. Surtout, il devrait permettre de détecter sur la voiture a été "déFAPée", c’est-à-dire si le filtre à particules (FAP) présents sur les modèles diesel a été retiré, ou s'il est défectueux. Cependant, pour un contrôle pollution plus poussé, il faudra attendre 2022. Seront alors vérifiés les niveaux de certains polluants comme les oxydes d’azote (NOx). >>>Un contrôle technique plus cher

Plus sévère, le contrôle technique s’annonce plus cher, de 15 à 20% estiment les dirigeants de SGS-AutoSécuritest. "Certains centres offrent par exemple la contre-visite, poursuit Laurent Palmier. Si les contre-visites se multiplient, ce ne sera plus possible". Le Conseil National des Professionnels de l'Automobile 'CNPA) estime à 65 euros le prix moyen du contrôle technique.

Pauline Ducamp