Tech&Co
Culture Web

La police demande à Google de supprimer un photomontage d’Emmanuel Macron

Une demande des autorités françaises a été envoyée au géant américain pour faire supprimer une image sur laquelle le président de la République apparaît grimé en général Pinochet.

Créé en 2000, l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC) est chargé de traquer les contenus illégaux en ligne, et de demander leur suppression auprès des hébergeurs. Comme le rapportent nos confrères de Next INpact, la dernière demande de OCLCTIC - qui dépend de la police nationale - remonte au 14 janvier 2019, et s’adresse directement à Google. Les autorités demandent à la firme américaine de supprimer un photomontage publié par un utilisateur de Google+, son réseau social.

Des demandes souvent liées au terrorisme

L’image est basée sur une photographie datant de 1973, mettant en scène le général Pinochet, peu après son coup d’Etat au Chili. Sur le cliché, le dictateur apparaît entouré de ses plus proches partisans. Sur l’image détournée, l’ancien dirigeant chilien est remplacé par Emmanuel Macron, cette fois accompagné du Premier ministre Edouard Philippe et du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.

La mise en demeure envoyée par l’OCLCTIC à Google a été signalée sur le site Lumen, une archive collaborative qui recense toutes les demandes de suppression de contenus en ligne. A ce jour, 45 demandes de l’OCLCTIC y sont recensées. Majoritairement adressées à Google ou WordPress (une plateforme d’édition de blog), elles concernent essentiellement des images ou pages Web à caractère pédopornographique ou terroriste. De nombreuses pages liées à l’Etat islamique ont ainsi été supprimées ces trois dernières années.

Vers un “effet Streisand”

Les motivations de la demande de suppression du photomontage n’étant pas renseignées sur Lumen, il est pour l’heure impossible de connaître les griefs des autorités françaises. Une demande d’informations a été envoyée par BFM Tech, pour le moment sans retour. Interrogé par Next INpact, l’organisme n’a pas souhaité apporter davantage de précisions.

En demandant la suppression d’une image sur Google+ - le réseau social disparaîtra au mois d’avril, l’OCLCTIC pourrait faire face à un “effet Streisand”, du nom de la célèbre chanteuse américaine. Un phénomène durant lequel la volonté de faire disparaître un contenu entraîne la multiplication de ce dernier. Ainsi, le photomontage a depuis été partagé des centaines de fois sur les réseaux sociaux.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech