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Marseille: le Mondial de pétanque s'ouvre aux personnes handicapées

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Pétanque - Adek BERRY / AFP

Pour cette deuxième édition du "Handi Mondial", les organisateurs ont notamment noté "un doublement des équipes inscrites".

À côté des champions du 'bouchon', en lice pour le titre, le 'Mondial La Marseillaise à pétanque' accueillait mercredi des équipes "inclusives", des triplettes mêlant joueurs en situation de handicap et valides.

Cette année marquait la deuxième édition du "Handi Mondial". Et c'était tout un symbole, voire "une obligation", pour Pierre Guille, président délégué du Mondial, "la pétanque ayant été inventée par et pour Jules Lenoir, un joueur handicapé".

"Un vecteur d'inclusion"

Joueur de 'longue' -un jeu provençal de boules sur un terrain deux fois plus long où les tireurs prenaient trois pas d'élan-, M. Lenoir souffrait de rhumatismes et avait dû adapter les règles de son sport. Ce qui avait conduit à la naissance de la pétanque, de "pieds tanqués", à La Ciotat, en 1907.

"C'était donc tout naturel de rendre aux personne handicapées ce qu'elles nous ont donné", plaidait Pierre Guille auprès de l'AFP.

Mercredi, à 10h30, c'est donc avec un grand "bienvenue chez vous" que Léo Purguette, président du journal local La Marseillaise, organisateur de cette compétition internationale, a inauguré ce tournoi parallèle ouvert à une trentaine de triplettes.

Fleur, monitrice-éducatrice, était là avec une équipe de son ESAT (Établissement d'aide par le travail), pour la deuxième année consécutive: "Le sport, et surtout la pétanque, est un vecteur d'inclusion, ça leur permet d'aller plus facilement vers les autres, c'est important".

Tout sourire dans son t-shirt bleu ciel floqué de son nom, Denis, handicapé mental et membre de cette triplette, réussit à placer sa boule là où il le souhaitait, sous les encouragements de son éducatrice.

Fauteuil adapté

Au programme de ces triplettes "inclusives": quatre matches de poule, puis une phase à élimination directe jusqu'à la finale retransmise sur France 3, comme la finale des valides, dans le grand stade créé pour l'occasion au cœur du Parc Borély, expliquait à l'AFP Eyvann Morival, responsable sport et santé à l'AJCM, association Marseillaise d'inclusion par le sport.

"Les Jeux olympiques mettent de plus en plus en avant les Paralympiques, c'est donc logique que les personnes handicapées aient leur propre partie" dans ce concours, affirmait-il.

Marco, avec son t-shirt montrant ses origines girondines, est un passionné de pétanque. Dès le lancement de la partie, il conseille ses coéquipiers. Son objectif? Atteindre les phases finales. Son fauteuil roulant est d'ailleurs adapté à la pratique: un aimant lui permet de ramasser les boules au sol et un panier, fixé devant lui, de les poser en attendant son tour.

Non loin de l'effervescence des terrains où se disputent les quarts et demie-finales du tournoi général, sous l'ombre des arbres longeant les allées du Parc, certains badauds s'arrêtent et complimentent les joueurs.

"C'est ça, la pétanque: discuter, échanger, faire de belles parties", rappelle Pierre Guille.

"Un doublement des équipes inscrites"

Et pour être au mieux sportivement, les parties peuvent se jouer "au temps, et pas au point", (NDLR: l'équipe victorieuse étant la première à 13 points) note Eyvann Morival: "Certains joueurs auraient du mal à se concentrer trop longtemps, donc les équipes se mettent d'accord en amont".

Pour le premier Handi Mondial, en 2021, lors la 60e édition de la compétition, 18 triplettes mixtes handicapés-valides s'étaient affrontées. Cette année, les organisateurs ont noté "un doublement des équipes inscrites", et même la présence de compétiteurs internationaux, venus de Belgique.

Le Mondial La Marseillaise, ouvert à tous - joueurs du dimanche, amateurs licenciés ou professionnels -, se joue exclusivement en triplette, masculines, féminines ou mixtes, avec un système de tirage au sort des équipes et des terrains. Pour cette 61e édition, plus de 11.300 joueurs venus de 27 pays se sont affrontés. Une réussite, après deux années bousculées par la pandémie.

S. B. avec AFP