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Grand Port de Marseille-Fos: un retour à de "bons résultats" en 2022

Le chiffre d'affaires du Grand Port maritime de Marseille a bondi de 16%, pour s'établir à 190 millions d'euros.

Le Grand Port maritime de Marseille-Fos, un des plus importants de France, s'est félicité mardi de "bons" résultats 2022, revenus pour la plupart aux niveaux pré-pandémie, et de "perspectives" également bonnes selon lui, notamment en matière de transition énergétique et écologique.

Le chiffre d'affaires du Grand Port maritime de Marseille (GPMM) a bondi de 16%, pour s'établir à 190 millions d'euros, avec un tonnage global de 77 millions de tonnes (Mt), presque à ses niveaux d'avant-pandémie (79 Mt en 2019), a détaillé le président du directoire Hervé Martel lors d'une conférence de presse.

Plusieurs records historiques battus

Le port a battu plusieurs de ses records historiques, dont pour la deuxième année consécutive celui du nombre de conteneurs traités, avec 1,53 million EVP (NDLR: équivalent vingt pieds), soit +3%. Un chiffre toutefois loin des volumes des grands ports du nord de l'Europe comme Rotterdam (Pays-Bas) qui a franchi le cap des 15 millions EVP en 2021.

Ce sont surtout les "vracs liquides" qui ont augmenté, en hausse de 5%, notamment sous l'effet des importations record de 8,5 Mt de gaz naturel liquéfié (GNL) face à la crise énergétique aggravée par l'invasion russe de l'Ukraine.

Le trafic passagers a quasiment recouvré ses niveaux pré-pandémie, à 3 millions, poussé notamment par la reprise du trafic des ferries vers l'Algérie après la levée des restrictions sanitaires. Côté croisières, le port a enregistré 573 escales, dont 74 de navires propulsés au GNL, donc moins polluants, nouveau record.

80 millions d'investissements en 2023

Ombre au tableau, les vracs solides sont en baisse de 3%, en raison surtout de la sidérurgie, avec notamment l'arrêt d'un haut-fourneau à l'usine ArcelorMittal de Fos-sur-Mer.

"Hormis la sidérurgie, tout va globalement assez bien, au moins aussi bien qu'en 2019", s'est réjoui M. Martel, soulignant que le port avait réalisé en 2022 l'intégralité de son programme de 60 millions d'euros d'investissements (25 millions d'infrastructures et 35 millions pour le développement) et en prévoyait 80 millions pour 2023.

Pour le transport vers et hors du port, la part du fret routier reste pour la quatrième année de suite sous les 80%, le ferroviaire atteignant 16% (+0,4%). Mais le fluvial passe sous la barre des 5% (5,3% en 2021).

Vers une transition écologique

Le GPMM prévoit notamment, en 2023 et les années suivantes, d'augmenter ses investissements pour la transition écologique, alors que Marseille doit notamment accueillir à l'horizon 2030 le pipeline d'hydrogène "vert" H2Med venant de Barcelone qui sera prolongé vers l'Allemagne. Il doit notamment accueillir un projet d'unités de production d'hydrogène "vert" (produit à partir d'électrolyse de l'eau avec de l'électricité renouvelable).

Le port est également engagé dans des projets d'éolien en mer au large de la côte méditerranéenne française et va "geler 80 hectares de terrain" en vue de futurs projets, avec l'objectif de "structurer une filière de l'éolien flottant" à l'échelle méditerranéenne, a souligné M. Martel.

"Nous sommes dans un moment de profonde mutation, (...) une transition tendancielle" hors d'un "modèle qui se termine, la rente du pétrole", avec les raffineries installées dans la zone industrielle de Fos, a souligné de son côté Christophe Castaner, élu fin novembre président du conseil de surveillance du port.

"Il faut investir massivement", a insisté l'ex-ministre de l'Intérieur, conscient des "profondes inquiétudes", même si "la fin des hydrocarbures n'est pas pour demain mais à une échéance de 20 ans".

M.Re avec AFP