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Appartements squattés, violences, deal: à Marseille, les habitants de cet immeuble vivent un calvaire

Des squatteurs ont pris possession de plusieurs appartements de cet immeuble du 3e arrondissement.

Un jeune homme de 23 ans y a trouvé la mort, tué par balles, dans la nuit de mardi à mercredi. La co-propriété Le Gyptis, dans le quartier de la Belle de Mai, situé dans le 3e arrondissement de Marseille, est occupée par des locataires mais aussi par des squatteurs, qui ont récemment pris possession des lieux.

Les conditions de vie des habitants se sont dégradées depuis le premier confinement, en 2020, période à laquelle un point de deal s'est installé en bas de l'immeuble. La cage d'escalier y est occupée jour et nuit.

Les affaires de l'un des locataires, aujourd'hui sans domicile fixe, ont été jetées par la fenêtre et sa télévision, volée. Trois des appartements que possède Tanguy sont aujourd'hui occupés par des squatteurs.

Traces de sang sur les murs

"Je ne suis pas en confiance. Et depuis plusieurs mois, à chaque fois que je dois aller là-bas, je prends des médicaments pour me détendre parce que je suis pas bien. Je parle en tant que propriétaire mais imaginez pour les locataires qui vivent là-bas. C'est pire pour eux", témoigne-t-il au micro de BFM Marseille.

Afin de pénétrer dans les appartements, les occupants illégaux n'hésitent pas à couper les portes blindées à l'aide d'une meuleuse ou briser les fenêtres. Des traces de sang ont même été retrouvées sur les murs, ce qui laisse penser à de possibles bagarres.

L'une des locataires de Tanguy, une personne âgée, connaît de graves problèmes de santé mais refuse de se faire hospitaliser par peur de retrouver son appartement squatté à son retour.

"Quand elle va faire des analyses, elle part vite et ne reste pas longtemps. Elle a presque 70 ans. Elle n'a aucun recours, elle a peur. A gauche, c'est squatté, à droite c'est squatté, en haut c'est squatté, en face c'est squatté... C'est squatté de partout", déplore le propriétaire.

Arrêt d'insalubrité

L'immeuble fait l'objet d'un arrêté préfectoral d'insalubrité portant sur les parties communes depuis le mois de juillet dernier. A ce titre, les propriétaires ne perçoivent plus de loyer et les locataires ne peuvent plus prétendre à l'aide personnalisée au logement (APL).

Un arrêté de mise en sécurité a également été pris par la municipalité, qui enjoint les propriétaires d'engager les travaux nécessaires pour sécuriser l'immeuble. Tanguy, lui, envisage de porter plainte contre la mairie et la préfecture de police pour inaction.

Lucas Brousse et Sarah Boumghar