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Lyon: on peut désormais connaître en temps réel la qualité de l'air dans le métro

L'appareil de mesures, installé au mois de janvier à la station Saxe-Gambettas a livré ses premiers résultats. Il est désormais possible de consulter en temps réel la qualité de l'air dans la station lyonnaise.

Avec plus de 82.000 passages par jour, la station Saxe-Gambetta est l'une des plus fréquentées de Lyon. Depuis janvier dernier, un appareil de mesure de la qualité de l'air et des concentration en particules fines (PM10 et PM2,5) y est installé, en partenariat avec Atmo, l'observatoire en charge de la surveillance de la qualité de l'air.

Il a livré ce lundi ses premières conclusions et il est désormais possible de suivre en temps réel, les concentrations de particules fines dans la station.

Les concentrations de particules fines à la station Saxe-Gambetta.
Les concentrations de particules fines à la station Saxe-Gambetta. © Atmo Auvergne-Rhône-Alpes

Plus forte pollution aux heures de pointe

Les concentrations de particules fines sont directement liées à la fréquence du passage du métro, souligne le Sytral. On peut ainsi observer les taux de concentration augmenter aux heures de pointe et diminuer de la même façon en heures creuses. La nuit, en l'absence de circulation du métro, ces concentrations chutent drastiquement.

En cause? Les systèmes de freinage des trains qui avec le frottement émettent ces particules polluantes. C'est le cas pour tous les réseaux ferroviaires, notamment dans le métro parisien.

Une qualité de l'air "globalement satisfaisante"

En neuf mois d'observation à la station Saxe-Gambetta, la qualité de l'air dans le métro lyonnais est jugée "globalement satisfaisante" analysent le Sytral et Atmo, dans un communiqué commun. Il n'existe toutefois pas de seuil réglementaire officiel concernant la qualité de l'air dans le métro.

Néanmoins, pour un trajet d'une durée de 30 minutes à 1 heure, la valeur "guide" définie par le Conseil supérieur d'hygiène publique de France est de 372 µg/m3 et les mesures effectuées à la station Saxe-Gambetta restent inférieures avec 124 µg/m3 pour une durée de trajet équivalente. Selon le Sytral, ces mesures "permettent d'affirmer que les usagers du réseau TCL sont relativement peu exposés dans le cadre de leurs trajets quotidiens".

Réduire les particules à la source

Toutefois, si les usagers du métro lyonnais semblent donc relativement "peu exposés", la qualité de l'air dans le métro reste moins bonne qu'en plein air. Le Sytral a identifié une série de mesures pour tenter de réduire les émissions de particules dans le métro en s'attaquant notamment à la source des émissions.

Des rames nouvelles génération dotées d'un système de freinage "électrodynamique" doivent notamment être déployées progressivement au printemps 2021 sur la ligne B. Le Sytral va également tester sur les rames de la ligne D des équiements captant directement les particules grâce à un "système d'aspiration".

Parmi les autres mesures avancées: l'expérimentation prochaine d'un système de filtration de l'air en station, qui devrait permettre de réduire la pollution aux particules fines de 30%. Le Sytral étudie aussi la possibilité d'adapter les systèmes de ventilation prévus pour l'extraction des fumées à l'évacuation des particules fines.

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions