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Lyon: les rassemblements de clients se multiplient devant les bars le week-end

Samedi, pour la deuxième semaine consécutive, des dizaines de personnes s'étaient réunies pour consommer un verre à emporter en Presqu'île. Si la vente est autorisée, les gestes barrières ne sont pas toujours respectés.

Le phénomène se répète depuis deux semaines. En Presqu'île, plusieurs dizaines de Lyonnais se sont regroupés devant les bars et restaurants samedi. Si ces établissements sont autorisés à vendre des boissons à emporter, les clients, eux, sont supposés respecter les mesures de distanciation sociales et les gestes barrières. Ce n'est pas toujours le cas.

Les gérants de bars et restaurants du 2e arrondissement tentent tant bien que mal d'éviter les attroupements de clients. "On les envoie plus loin, explique ce lundi Guillaume Canivet, directeur de l'Eden Rock Café, au micro de BFM Lyon. On leur dit de ne pas rester dans la rue. On les envoie sur les quais essentiellement."

L'intéressé assure être contrôlé fréquemment et avoir durci son protocole sanitaire. "Samedi, la police est passée, se souvient-il. Ils ont bien vu ce qu'on faisait. Si ça avait été interdit, on aurait arrêté de le faire. On n'est pas des hors-la-loi. On essaie de travailler et de survivre."

"C'est toujours regrettable"

"C'est toujours regrettable dans cette période où on a un certain nombre de restrictions, où on va de confinement en couvre-feu, d'avoir des gens qui s'attroupent pour consommer de l'alcool devant ces établissements, a souligné Pierre Oliver, maire du 2e arrondissement, ce lundi soir. L'élu estime "qu'on devrait avoir comme leitmotiv le bon sens, le pragmatisme et la responsabilité collective".

Aurélien Liveneau, président de la branche établissements de nuit de l'UMIH 69, appelle les autorités à davantage de clarté sur la question. "Soit c'est autorisé et toléré et chacun prend ses dispositions, soit c'est interdit mais on le fait respecter", affirme-t-il. Selon l'intéressé, si 95% de la profession s'est réinventée et fait adopter des protocoles sanitaires stricts, "5% d'opportunistes (font) n'importe quoi".

La reproduction de ce phénomène, craint Pierre Oliver, "va peut-être impliquer d'autres mesures, peut-être plus fortes, peut-être plus fermes, de la part de l'État et de la préfecture. Une fois de plus, ce sont nos restaurateurs qui vont payer le prix fort".

La préfecture a d'ores et déjà annoncé que les contrôles seraient renforcés dans les prochains jours.

Arthur Blet avec Florian Bouhot