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Lyon: les organisateurs de la soirée sur les quais de Saône condamnés à trois mois de prison avec sursis

Des centaines de Lyonnais rassemblés sur les quais de Saône.

Des centaines de Lyonnais rassemblés sur les quais de Saône. - Twitter @Alexlafami

Environ 300 personnes s'étaient rassemblées pour une fête au bord du fleuve le 30 mars à l'appel de deux frères originaires de Normandie.

Ils proposaient un "apéro sonore" et appelaient les 900 followers du compte Instagram de leur association culturelle à venir "nombreux". Poursuivis pour mise en danger de la vie d'autrui et organisation d'un rassemblement interdit sur la voie publique sur les quais de Saône à la fin du mois de mars, deux frères, âgés de 22 et 26 ans, ont été condamnés ce mardi soir à trois mois de prison avec sursis et à 300 euros d'amende. Poursuivie comme personne morale, l'association EX-TERRE, dont ils se présentent comme les co-présidents, a également écopé d'une amende. Le président a signalé aux deux hommes qu'il s'agissait d'"un avertissement judiciaire".

La procureure, fustigeant "un rassemblement illégal et immoral" et pointant un manque de coopération lors de l'enquête, avait requis pour les deux jeunes normands - qui s'étaient rendus d'eux-mêmes à la police - quatre à six mois de prison avec sursis.

"On s'est rendu compte que c'était dangereux, ont concédé les prévenus (...). On a été pris par l’engouement. Ça a duré deux heures et on a arrêté." Tous deux estiment avoir été "irréprochables ces derniers mois". "C'était deux heures sur des mois de restriction", ont-ils souligné.

Les quais fermés jusqu'au 2 mai

Le 30 mars, environ 300 personnes s'étaient massées autour de deux enceintes connectées entre le quai de La Pêcherie et le quai Saint-Antoine, en dépit des mesures de couvre-feu et des restrictions sanitaires.

Compte tenu de la proximité de la foule avec le fleuve, la préfecture avait demandé aux forces de l'ordre de ne pas intervenir. Cette "fête sauvage" sous le soleil, mêlant consommation d'alcool et diffusion de musique amplifiée, était "impossible à anticiper", selon le préfet, Pascal Mailhos. L'intéressé a dénoncé un "comportement égoïste" et "très méprisant pour les soignants".

Une poignée de jours plus tard, ce dernier avait prononcé par arrêté la fermeture des quais de Saône de 6h à 19h. Une mesure en vigueur jusqu'au 2 mai.

Justine Fontaine avec Florian Bouhot