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Lyon: Grégory Doucet revient dans le "New York Times" sur la polémique autour du menu sans viande

Le nouveau maire de Lyon, Grégory Doucet

Le nouveau maire de Lyon, Grégory Doucet - ROMAIN LAFABREGUE / AFP

Le New York Times a consacré un long reportage, jeudi, sur la polémique née il y a quelques semaines autour de l'instauration temporaire d'un menu unique sans viande dans les cantines scolaires lyonnaises.

La décision d'instaurer - temporairement - un menu unique sans viande dans les cantines scolaires à Lyon a traversé l'Atlantique. Jeudi, le New York Times a publié un long reportage consacré à la polémique née de la mesure du maire Grégory Doucet, regardée avec un air mi-étonné mi-amusé, en témoigne le titre de l'article: "Une ville française a arrêté de servir de la viande aux enfants. Le pays s'est révolté."

"Un outrage! Un diktat écologique qui pourrait signaler la fin de la gastronomie française, voire de la culture française! Les ministres du gouvernement d'Emmanuel Macron se sont affrontés. Si Lyon, la ville du museau de bœuf et des oreilles de cochons, du saucisson et des rognons, peut faire une telle chose, l'apocalypse est sûrement imminente", écrit aussi avec ironie le journaliste Roger Cohen.

Une décision "purement pragmatique"

L'édile Europe écologie - Les Verts, "dont l'allure espiègle et le bouc lui donnent l'air d'un des trois mousquetaires d'Alexandre Dumas" selon le quotidien américain, a trouvé que les réactions face à sa mesure "ont été plutôt étonnantes".

"Ma décision était purement pragmatique", a-t-il insisté auprès du New York Times. "C'est une équation mathématique. Nous avons le même nombre de tables, mais nous devons y mettre moins d'élèves et nous ne pouvons pas commencer la pause déjeuner à 10 heures du matin...", a expliqué Grégory Doucet, qui a martelé qu'il ne s'agissait pas d'un menu végétarien étant donné la présence de poisson et d'œufs.

"Denormandie aurait dû être démis de ses fonctions"

Le maire de Lyon a jugé "indécent" que la droite l'accuse "de piétiner nos libertés quand nous sommes dans un contexte d'état d'urgence" en raison de la crise du coronavirus. Il s'en est également pris à Julien Denormandie, le ministre de l'Agriculture, qui avait saisi le préfet du Rhône sur cette affaire à la fin du mois de février.

"Les accusations de Julien Denormandie selon lesquelles cette mesure n'est pas sociale sont un mensonge. Il a dit que nous empêchions les personnes les plus pauvres, avec les existences les plus précaires, d'avoir accès à de la viande. C'est faux. Il aurait dû être viré immédiatement", a-t-il affirmé.

Interrogé sur les mesures prises par Emmanuel Macron sur le plan écologique, Grégory Doucet ne s'est pas dit impressionné, assurant que le chef de l'Etat "n'est pas un écologiste". "Il est un conservateur moderne. Il sait qu'il y a un problème, donc il est prêt à réaliser quelques changements, mais il ne mesure pas la taille du problème. Pouvez-vous me dire une mesure importante qu'il a prise?", a-t-il asséné.

Clément Boutin Journaliste BFMTV