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Un collectif veut remettre sur les rails le projet d'un "RER à la lyonnaise"

Le collectif "REM Lyon" a adressé mardi un courrier à 180 élus locaux pour expliquer son projet de réseau express métropolitain. Un enjeu environnemental, social et économique, selon l'élu Christophe Geourjon.

Toujours resté à l'état de simple plan depuis des années, un collectif a décidé de ressortir des cartons le projet de "RER à la lyonnaise". En tout 200 élus, chefs d'entreprises, salariés et habitants ont signé un courrier, envoyé mardi à 180 élus locaux de l'aire métropolitaine, pour faire aboutir ce projet.

"Le RER, c'est un vrai enjeu social, environnemental et économique. Si on veut réduire le nombre de voitures et la pollution atmosphérique, il faut proposer des alternatives, notamment à tous les navetteurs qui viennent travailler sur la métropole", explique Christophe Geourjon, conseiller métropolitain UDI, invité mercredi de BFM Lyon.

Au-delà de la métropole

A la tête du collectif REM Lyon, l'élu du 7e arrondissement de Lyon envisage un réseau étendu sur l'ensemble des 35 gares SNCF de la métropole, mais aussi jusqu'à Villefranche, Vienne, L'Isle d'Abeau, voire Saint-Etienne.

"On a chaque jour près de 150.000 salariés qui travaillent sur la métropole mais qui habitent en-dehors. 75% d'entre eux viennent en voiture", détaille Christophe Geourjon martelant: "si on veut qu'ils laissent leur voiture, il faut proposer une alternative".

Avec une "fréquence et une amplitude horaire -de 6h jusqu'à minuit- plus importante" que les TER, ce réseau "à la lyonnaise" se doit d'offrir aussi "une qualité de service plus importante en termes de sécurité, de fiabilité et d'accueil" que son parent parisien, défend le conseiller de la métropole.

Dépasser les clivages

Selon Christophe Geourjon, le projet pourrait prendre corps très rapidement. "L'étape un, c'est l'intégration tarifaire pour pouvoir prendre un train avec un abonnement TCL", avance l'élu. "Ça peut être fait demain matin et ça a un effet immédiat sur 1,5 million d'habitants".

Optimiste, l'élu appelle surtout la région et la métropole à travailler "main dans la main". "Tout ce qui est infrastructure, c'est plus long, c'est 5, 10, 15 ans. Ça sera pas inauguré totalement pendant la durée du mandat", explique-t-il, appelant ça "la maladie du grand projet".

Pour Christophe Geourjon, il est nécessaire de dépasser les clivages politiques et les guerres d'egos. "Sur la carte d'abonnement, il faudra mettre le logo de la région et de la métropole côte à côte", rappelle l'élu.

"A Bordeaux, du jour où la métropole qui était LR à l'époque et la région qui était socialiste, on dit: 'on travaille ensemble sur un RER', tout s'est enclenché et dix ans après il sera livré ce RER", montre en exemple le conseiller. Ne reste plus qu'à convaincre Bruno Bernard et Laurent Wauquiez.

Benjamin Rieth Journaliste BFM Régions