BFM Lyon
Lyon

"Dîner des sommets": l'association Anticor décerne une "casserole" à Laurent Wauquiez

Le président de la région a été épinglé pour l'organisation d'une soirée facturée à plus de 100.000 euros aux frais du contribuable.

"Je ne sais pas s'il viendra la chercher mais il le peut", affirme Éric Alt, d'administrateur d'Anticor, avec une pointe d'ironie. Laurent Wauquiez s'est vu décerner une "casserole" par cette association engagée dans la lutte contre la corruption et pour la défense de l'éthique en politique lors de sa cérémonie annuelle, organisée samedi.

Ce prix, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes s'en serait certainement bien passé. Il le doit à l'organisation d'un fastueux banquet, qui s'est tenu le 23 juin dernier, au château de la Chaize, dans le Beaujolais.

L'événement avait rassemblé quelque 90 personnalités, pour un coût d'"un peu plus de 100.000€", avait révélé Mediapart en octobre. Soit environ 1100€ de budget par convive.

Dans un mail à nos confrères, la région avait admis avoir pris l'addition "100% à sa charge, sans aucun financement privé", sans toutefois en révéler le montant. "Les repas ont coûté 165€ par personne. Les autres dépenses sont liées à la logistique", avait-elle ensuite indiqué à BFM Lyon.

La polémique n'avait néanmoins pas tardé à enfler, dans un contexte où l'exécutif régional venait d'opérer des coupes significatives dans les finances de la culture, déclenchant l'ire des acteurs du secteur et de l'opposition.

Hypocrisie

Pour Éric Alt, il était évident qu'une casserole devait revenir à Laurent Wauquiez. "Il est contre le gaspillage de l'argent public et, en même temps, il organise, à son profit, un dîner somptueux où sont invités des 'happy few' (de rares privilégiés, ndlr). Des 'happy few' qu'il honore à hauteur de 1100€ par convive, puisqu'il y a toute l'installation, la tente, le repas, etc", rappelle l'un des administrateurs d'Anticor.

Et d'ajouter: "Ça nous a semblé assez emblématique d'une hypocrisie d'une certaine parole publique, d'une hypocrisie de certains politiciens. Et pour cela, il a eu le droit à la casserole cette année".

Éric Alt estime dès lors qu'on "ne peut pas faire confiance" à Laurent Wauquiez. "Et c'est à cause de personnalités comme lui -il n'est pas le seul-, que les gens s'abstiennent, que les gens ne croient plus en la politique, que la démocratie se délite, fustige-t-il. C'est ça le problème au fond."

Darmanin et Djebbari également épinglés

Sur Twitter, Fabienne Grebert, conseillère écologiste de la région, a elle aussi manié l'ironie pour féliciter Laurent Wauquiez. "On aurait préféré un prix pour la qualité des services publics!", a-t-elle poursuivi.

En plus de Laurent Wauquiez, deux autres personnalités politiques ont été épinglées par Anticor. Gérald Darmanin a lui aussi écopé d'une casserole pour sa réforme de la police judiciaire, "qui pourrait profiter aux délinquants financiers et au crime organisé", selon l'association.

Jean-Baptiste Djebbari a pour sa part été pointé du doigt pour son "pantouflage franc et assumé", l'intéressé "passant de ministre délégué aux Transports à administrateur de la société Hopium qui développe des véhicules à hydrogène".

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions