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"Ce n'est plus supportable": les commerçants de la Guillotière baissent le rideau pour dénoncer l'insécurité

Les habitants du quartier subissent de nombreuses nuisances depuis plusieurs années: délinquance, violence, vols à la sauvette, etc. Les commerçants dénoncent l'inaction des pouvoirs publics.

Ils baissent le rideau symboliquement. Les commerçants du quartier de la Guillotière à Lyon ferment boutique ce jeudi après-midi pour dénoncer l'insécurité dans le secteur. Ils déplorent en parallèle l'inaction de la mairie et de la préfecture sur ce sujet.

Tous les jours, des commerçants comme Frédéric, un restaurateur, constatent des incivilités devant leurs établissements.

"Il y a quinze jours, il y a eu des coups de feu juste en face de mon restaurant. Lundi soir, une fois que le préfet est parti, il y a eu des tirs de mortiers en plein dans la rue. Ce n'est plus supportable", témoigne Frédéric au micro de RMC et BFM Lyon.

"L'avenir est incertain"

Marchés sauvages, vente de cigarettes ou de drogue, l'insécurité a empiré à la Guillotière selon les commerçants et les restaurateurs en subissent les conséquences.

"J'avais huit employés, il ne m'en reste que deux. J'ai perdu 60% de chiffre d'affaires sur le mois de septembre. Je ne connais pas beaucoup d'entreprises qui arriveront à résister très longtemps. Donc l'avenir est incertain", affirme Frédéric.

Les commerçants et habitants du quartier sont exaspérés par la situation et attendent surtout des mesures fortes de la part des pouvoirs publics. Pour certains, la solution serait une présence plus accrue des forces de l'ordre.

"La police elle passe. Ils interviennent deux fois par jour. Mais dès que la police s'en va, ils reviennent, explique Nicolas Pépin, pâtissier-chocolatier à la Guillotière. S'il n'y a pas une présence policière en permanence, ça ne peut pas fonctionner."

800 interpellations

La Ville de Lyon de son côté, a annoncé en juillet dernier, un plan d'action pour "apaiser" le quartier avec notamment plus de policiers mais aussi le souhait de sécuriser les femmes dans l'espace public, de faire de la prévention et de favoriser l'insertion sociale. Un nouveau plan d’urbanisme pour pallier au manque de propreté avait également été annoncé.

Car pour Mohamed Chihi, l'adjoint à la sécurité de la mairie, la réponse ne peut pas être que sécuritaire.

"Nous devons faire de la répression bien entendu. Mais si nous voulons arriver à une situation désirable sur cet espace, nous devons prendre plusieurs thématiques en même temps", assure l'élu.

D'après le préfet du Rhône, 800 interpellations ont été effectuées depuis le début de l'année, uniquement à la Guillotière.

Gwenael Windrestin avec Marine Langlois