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Annulation de la Fête des Lumières: Yann Cucherat déplore un "impact négatif pour le territoire"

Invité de Lyon Business, l'ancien adjoint aux grands événements à la mairie de Lyon est revenu sur les conséquences économiques néfastes de l'annulation de la plus importante célébration lyonnaise.

La Fête des Lumières a débuté ce mardi soir à Lyon avec l'installation d'une fresque de 20.000 lumignons en hommage aux soignants. Mais crise sanitaire oblige, les festivités seront très limitées ces prochains jours pour l'édition 2020 du plus célèbre événement lyonnais.

Cette Fête des Lumières "version Covid" représente un sérieux "manque à gagner conséquent pour les commerces, l'hôtellerie, la restauration" à Lyon, selon Yann Cucherat. Invité de Lyon Business ce mardi soir, l'actuel adjoint d'opposition à la mairie et ancien adjoint aux grands événements, qui considère que cette fête "devait être annulée", a malgré tout alerté sur l'impact économique négatif de la suppression des festivités.

Près de deux millions de visiteurs en moins à Lyon

En temps normal, "c'est 260.000 nuités supplémentaires pendant quatre jours de fête, ce qui démontre que des personnes qui ne viennent logiquement pas à Lyon viennent consommer dans la ville. Et ça a des retombées économiques fortes pour le territoire", explique l'élu.

Dans le détail, "il faut imaginer qu'un samedi soir traditionnel, à 22 heures, il y a à peu près 450.000 personnes dans le périmètre où se joue la fête. À minuit, encore 300.000 personnes", ajoute Yann Cucherat. "Ce qui veut dire qu'il y a vraiment une incidence sur les nuités supplémentaires, la manière de consommer", note-t-il.

D'après les chiffres donnés par l'élu, ce sont en effet entre 1,8 million et 2 millions de visiteurs qui ne viendront pas à Lyon cette année en raison de l'annulation de la quasi-totalité des festivités. D'ordinaire, pour la Fête des Lumières, il y a donc "un flux de personnes gigantesque", ajoute l'élu.

Le monde culturel "impacté"

Outre les retombées économiques pour la ville de Lyon, l'annulation représente aussi un manque à gagner pour la SNCF, qui ne bénéficiera pas cette année de l'augmentation des flux de voyageyrs vers et depuis Lyon. Pour le week-end de la Fête des Lumières, la SNCF fait d'ordinaire circuler 18 trains supplémentaires par rapport à un week-end classique, précise Yann Cucherat. Par ailleurs, 35.000 billets de TER à prix spécial pour l'événement sont logiquement achetés pour les festivités.

Yann Cucherat a également eu "une pensée" pour "le monde culturel" et les artistes qui travaillent en temps normal à l'élaboration de la Fête des Lumières. "Tous ceux qui préparent les œuvres, qui montent les scènes, les intermittents, les techniciens (...) Toute la filière est impactée", a-t-il déploré.

"Un modèle fragile" et "concurrence avec "le monde entier"

L'adjoint d'opposition s'est enfin projeté vers les prochaines Fêtes des Lumières, espérant que l'actuelle municipalité écologiste "protégera" le "modèle fragile" de cet événement durant les prochaines éditions.

"Cette Fête des Lumières est en concurrence avec le monde entier (...) Il faut essayer de se réinventer, mais il ne faut pas aller dans quelque chose de trop éloigné de ce que les gens attendent (...) Il faut jouer sur un juste équilibre", poursuit l'élu, qui promet d'être "vigilant pour que la nouvelle municipalité garde cette ligne".

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions