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Suppressions d'emplois chez Cargill Haubourdin: nouveau revers judiciaire pour la CGT

L'usine Cargill de Haubourdin (Nord) emploie environ 300 personnes et transforme du maïs, en provenance essentiellement du sud de la France et du sud de l'Europe

L'usine Cargill de Haubourdin (Nord) emploie environ 300 personnes et transforme du maïs, en provenance essentiellement du sud de la France et du sud de l'Europe - François Lo Presti

La justice a rejeté la demande de la CGT, qui souhaitait faire annuler la validation du plan de sauvegarde de l'emploi à l'usine Cargill d'Haubourdin, dans le Nord.

La justice a rejeté mercredi la demande de la CGT d'annuler la validation du plan de sauvegarde de l'emploi à l'usine d'Haubourdin (Nord) du géant américain du négoce et de la transformation des matières premières agricoles Cargill, selon un jugement consulté par l'AFP.

Le tribunal administratif de Lille a notamment estimé que, même si la direction n'a pas donné aux représentants du personnel "les pièces comptables et fiscales" qu'ils réclamaient pour évaluer "la réalité du motif économique", les informations qu'elle leur a données dans le "Livre II" au cours de la procédure d'information- consultation leur permettaient "de se prononcer en toute connaissance de cause".

La CGT devrait faire appel

Selon l'avocat de la CGT, Me Fiodor Rilov, les élus du CSE n'ont jamais eu accès à la comptabilité de Cargill en France.

"Cette comptabilité existe, mais on ne nous l'a jamais donnée, sans doute parce que la situation en France est très profitable", affirme-t-il, interrogé par l'AFP. Il compte faire appel.

Selon lui, "on ne peut pas dire que les représentants du personnel sont responsables de la vérification de la situation économique de l'entreprise et en même temps les priver des comptes".

170 emplois menacés

Homologué par l'administration mi-août, le PSE prévoit la "suppression de cent soixante-dix emplois et la modification de seize contrats de travail" sur les quelque 320 salariés du site d'Haubourdin, qui transforme du maïs, en provenance essentiellement du sud de la France et du sud de l'Europe.

La direction veut y abandonner l'activité d'extraction d'amidon, qu'elle dit déficitaire, et se "repositionner" sur la deuxième activité du site de transformation de l'amidon en ingrédient industriel pour la pharmacie et l'alimentation infantile.

"La mise en oeuvre du PSE se traduit in fine par 80 licenciements", affirme dans un communiqué la direction de Cargill Haubourdin, qui se félicite que le tribunal "inflige un nouveau camouflet à la CGT et son avocat Me Rilov, dont la guérilla judiciaire tous azimuts, qui n'est fondée sur aucun élément tangible, ne trompe personne."

"Bas les masques et halte aux postures politiques ! Non, tout n'est pas bon pour justifier une sombre bataille politicienne ni le (juteux) business d'un avocat et de ses experts", lance-t-elle, ironisant sur la "drôle de conception de la +lutte pour les salariés+" du syndicat.

En France, Cargill exploite 15 sites, emploie 2000 personnes et transforme "près de 20 % des protéines végétales produites dans le pays."

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions