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Nord: la justice rejette la demande de suspension du plan social à l'usine Cargill

L'usine Cargill de Haubourdin (Nord) emploie environ 300 personnes et transforme du maïs, en provenance essentiellement du sud de la France et du sud de l'Europe

L'usine Cargill de Haubourdin (Nord) emploie environ 300 personnes et transforme du maïs, en provenance essentiellement du sud de la France et du sud de l'Europe - François Lo Presti

Le tribunal judiciaire de Lille a estimé qu'il n'y a pas lieu d'accueillir en référé les demandes du CSE et de la CGT d'une suspension de la réorganisation de l'usine Cargill, située à Haubourdin.

La justice a rejeté mercredi la demande en référé du CSE de l'usine Cargill à Haubourdin (Nord) de suspendre le plan de sauvegarde de l'emploi en cours, qui pourrait conduire à la suppression de 186 des 300 postes, a-t-on appris auprès de l'avocat des salariés qui va faire appel.

Dans son ordonnance, dont l'AFP a obtenu copie, le tribunal judiciaire de Lille se déclare compétent et dit qu'il "n'y a pas lieu d'accueillir en référé les demandes du CSE et du syndicat CGT" d'une "suspension de la réorganisation" du site d'Haubourdin.

186 postes sur 300 pourraient disparaître

Homologué mi-août, ce PSE pourrait conduire au licenciement de 186 des quelque 300 salariés du site d'Haubourdin qui transforme du maïs, en provenance essentiellement du sud de la France et du sud de l'Europe. 

"C'est une semi-victoire", a affirmé à l'AFP Me Fiodor Rilov, avocat des salariés. Le président du tribunal "a confirmé qu'il est encore possible, malgré les réformes du code du Travail, de demander à la justice la suspension d'un plan social", contrairement à "ce que soutenait la direction de Cargill".

Sur le fond, "le juge ne nous a pas donné raison sur les illégalités que nous avons dénoncées (...) Nous faisons appel et allons demander au président de la cour de Douai la fixation d’une date extrêmement rapprochée compte tenu de l’urgence", a-t-il ajouté, estimant "possible" un procès en appel sous quelques jours.

"Souffrances au travail" et "négligeance"

Dans un communiqué, la direction du géant agroalimentaire américain à Haubourdin a "pris acte des décisions du juge judiciaire, qui nous sont toutes favorables". 

"Nous ne sommes pas surpris dans la mesure où Cargill a pleinement respecté son obligation de sécurité et apporté le plus grand soin à la nouvelle organisation du travail", a-t-elle déclaré. "Il était important pour nous de démontrer le sérieux de notre analyse concernant la charge de travail des salariés et la réalité de la prise en compte des risques psychosociaux."

La défense des salariés avaient notamment mis en avant les "problèmes de souffrance au travail" et la "négligence à l'égard de la sécurité et de la santé des salariés".

La direction du géant mondial du négoce et de la transformation des matières premières agricoles veut abandonner l'activité d'extraction d'amidon, qu'elle dit déficitaire, et se "repositionner" sur la deuxième activité du site, de transformation de l'amidon en ingrédient industriel pour la pharmacie et l'alimentation infantile.

Juliette Mitoyen avec AFP Journaliste BFM Régions