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Régionales: Éric Dupond-Moretti officiellement candidat dans les Hauts-de-France

Eric Dupond-Moretti le 3 mai 2021 à Bobigny, près de Paris

Eric Dupond-Moretti le 3 mai 2021 à Bobigny, près de Paris - Thomas SAMSON © 2019 AFP

Dans un entretien accordé à La Voix du Nord, le garde des Sceaux confirme qu'il se lance dans la bataille des régionales, en prenant la tête de liste départementale du Pas-de-Calais.

L'affrontement Dupond-Moretti-Bertrand aura donc bien lieu. Dans une interview accordée à La Voix du Nord, le garde des Sceaux confirme qu'il sera bel et bien candidat aux élections régionales dans les Hauts-de-France. Il y prendra la tête de la liste départementale dans le Pas-de-Calais pour le compte de La République en marche. Une annonce qui confirme l'information révélée par Politico en début de semaine.

Désireux de bousculer le duel qui se joue actuellement entre Xavier Bertrand et le candidat du Rassemblement national Sébastien Chenu, Eric Dupond-Moretti ne remplacera donc pas Laurent Pietraszewski, dont la liste LaREM ne décolle pas dans les sondages. Dans le Pas-de-Calais, le ministre de la Justice se trouvera face à Marine Le Pen, candidate dans son département. "Je m'engage", déclare-t-il dans l'entretien.

"Chasser le RN de cette terre"

Décrivant les Hauts-de-France comme une région qui lui est "particulièrement chère", le néo-candidat rappelle sa naissance à Maubeuge, son implantation professionnelle dans le Nord et l'arrivée de sa mère là-bas lorsqu'elle a émigré d'Italie.

"J’aime passionnément cette région, les gens qui y habitent. (...) Je suis ici chez moi et (...) j’aime les gens du Nord. Et (...) je ne veux pas que cette terre file entre les mains du RN", justifie Eric Dupond-Moretti auprès de La Voix du Nord.

Et le garde des Sceaux de souligner son intention de combattre directement Marine Le Pen. "Elle ne veut pas venir à moi, alors je viens à elle", dit-il, faisant allusion au refus exprimé par la patronne du RN de débattre avec l'ex-avocat.

"À la différence de M. Bertrand, je ne veux pas chasser sur les terres du Rassemblement national. Je veux chasser le Rassemblement national de cette terre", prévient Eric Dupond-Moretti.

Déstabiliser Bertrand

Derrière l'investiture de l'ancien pénaliste, redoutable rhéteur mais novice en politique, il y a aussi l'objectif d'Emmanuel Macron de déstabiliser le patron sortant des Hauts-de-France, qui a conditionné sa candidature à l'élection présidentielle de 2022 à sa victoire aux régionales. Reste à savoir si l'arrivée d'Eric Dupond-Moretti rebattra ou non les cartes au point d'obliger Xavier Bertrand à sceller une alliance avec LaREM au second tour.

"Xavier Bertrand a dit quelque chose d’extraordinaire vis-à-vis des habitants de la région: s’il remporte la présidence du conseil régional, il l’abandonnera pour la présidence de la République! Et s’il perd l’élection régionale, il arrête la vie politique. Il prend donc les Hauts-de-France comme le brouillon de son ambition présidentielle", tacle d'ailleurs le candidat.

Quant à la critique, déjà formulée par ses adversaires, concernant le cumul de son ministère et de la campagne, Eric Dupond-Moretti dit n'en avoir cure.

"Est-ce que quelqu’un peut dire qu’Édouard Philippe a abandonné ses fonctions, en pleine crise sanitaire alors qu’il était candidat au Havre? Absolument pas, il a été un excellent Premier ministre. Pour ce ministère et cette Région, j’estime que je dois donner tout le temps qui est le mien. C’est un investissement total", assure-t-il.
Jules Pecnard Journaliste BFMTV